Ce matin, la ministre de la Santé avait l’honneur d’être invitée de l’émission « Les quatre vérités » sur France 2. Inévitablement, Agnès Buzyn a été interrogée sur le tabac.
Cela a même commencé par une bonne question …
Jeff Wittenberg : Un autre sujet crucial c’est le tabagisme, le paquet de cigarettes à 10 euros c’est ce qu’a annoncé Édouard Philippe dans son discours de politique générale. Or, est-ce que c’est la bonne solution ? Plus d’un paquet sur 10 aujourd’hui est déjà acheté dans les pays frontaliers ; la contrebande a explosé, plus de 15 % des cigarettes proviendraient de la contrebande est ce qu’on ne va pas accentuer ce phénomène sans faire diminuer la consommation ?
Agnès Buzyn : D’abord pourquoi je m’insurge contre le tabac en France, c’est parce que nous avons un vrai problème de santé publique. Je voudrais montrer la carte du tabagisme des femmes dans le monde. Cette carte montre que la France est un des plus mauvais pays au monde. La France est en rouge, nous sommes le pire pays pour le tabagisme des femmes entre 20 et 50 ans.
J. W. : Mais faut-il mettre le paquet à 10 euros ou faire le paquet neutre qui n’a pas fait ses preuves ? La consommation a plutôt augmenté au 1er semestre.
Agnès Buzyn : Le paquet neutre avait pour but seulement d’empêcher les jeunes d’entrer dans le tabagisme parce que les jeunes sont sensibles aux marques, et le paquet à 10 euros toutes les études montrent qu’une augmentation brutale du prix est le seul moyen de faire prendre conscience aux gens qu’il est temps d’arrêter de fumer et de faire en sorte qu’ils essayent d’arrêter de fumer.
J. W. : Alors pourquoi un pays comme l’Allemagne alors qui vend ses paquets de cigarettes entre 5 et 6 euros, qui n’a pas instituer le paquet neutre, a une consommation moindre qu’en France. En France nous avons 28 % de la population qui fume, en Allemagne 20% comment expliquez-vous cela ?
Agnès Buzyn : Tous les pays du nord sont bien meilleurs que nous dans les campagnes de prévention, ils font de la prévention beaucoup plus tôt. Les pays du nord sont plus sensibles aux messages de prévention, les pays du sud ont beaucoup plus de mal à les entendre et je pense que nous n’avons pas suffisamment porté les messages de prévention. Ça va être vraiment le fond de ma politique de santé aujourd’hui, c’est de relancer la prévention pour éviter que les maladies arrivent.




