Suite de notre revue de presse (voir Lmdt de ce jour 1 et 2).
•• France Bleu Nord. « Si la Belgique alignait ses prix sur les nôtres, je pense que ça aurait un impact de l’ordre de 50% sur le volume de nos ventes », Jean-Daniel Russier, buraliste à Tourcoing. D’après ce buraliste, le nombre de points de vente a fondu ces 10 dernières années à Tourcoing. Dans le même temps, il n’a fait qu’augmenter à Mouscron, juste derrière la frontière belge.
Pour Patrick Falewee, président de la Fédération des buralistes du Nord (notre photo), cela risque d’empirer : « le secteur est en très grande difficulté. Depuis 2003, près de 700 bureaux de tabac ont mis la clé sous la porte ».
« D’habitude, je me fournis toujours de l’autre côté de la frontière. Mais aujourd’hui ma voiture était en panne, donc je suis venue au bureau de tabac. Les prix vont encore augmenter les prochaines années. Alors j’irai encore plus en Belgique », témoigne une fumeuse originaire de Tourcoing.
•• France Bleu Champagne-Ardenne. « Le Gouvernement dit que le tabac à rouler attire les jeunes. Mais, nous sommes bien placés, derrière notre comptoir, pour dire que ce ne sont pas que les jeunes mais les consommateurs à revenu modeste » déclare Alain Sauvage, président de la Fédération Est des buralistes. « C’est une question de budget, à l’heure où cela leur permet de faire plus d’économie par rapport à la cigarette qui coûte très cher. Le temps qu’ils roulent leur cigarette, ils ne fument pas. Et, cela leur permet une baisse de consommation (…) Il faut déjà qu’au niveau de l’Europe, nous soyons tous à égalité ».
•• L’Indépendant. « Un coup de poignard de la part du gouvernement », estime Alain Lirola, président de la chambre syndicale des buralistes des Pyrénées-Orientales. Une hausse sur le tabac à rouler de 7,4 euros à 8,6 euros, est d’autant plus insupportable pour les buralistes locaux qu’ils subissent de plein fouet la concurrence transfrontalière. « Le même paquet est à 2,98 euros en Andorre et à 5 euros en Espagne. Et comme si ça ne suffisait pas, la France va au-delà des normes européennes pour le paquet neutre ».
« Le département est particulièrement sinistré. Sur les 260 magasins qu’il comptait en 2003, 130 ont fermé aujourd’hui », rappelle Alain Lirola. Et ces dernières semaines sont particulièrement cruelles : dépôt de bilan pour le buraliste du Boulou et clap de fin pour deux boutiques autour de la gare de Perpignan. En cause, les achats transfrontaliers bien-sûr, mais aussi et surtout la contrebande et les contrefaçons. Sur un quartier de Perpignan au moins dix points de revente de contrebande ont été identifiés : « les trafiquants sont arrêtés, mais la justice n’a pas les moyens de les mettre hors d’état de nuire. Quant aux revendeurs à la sauvette, ils se font prendre juste avec quelques paquets et écopent, au mieux, d’une amende. Voilà 15 ans qu’on demande à l’État de lancer une étude sur ce marché parallèle et il refuse systématiquement ».
•• Le Tarnlibre.com. « L’augmentation du prix du tabac, plus que le paquet neutre, ça ne passe pas », pour Jean-Michel Quintin (président de la chambre syndicale des buralistes du Tarn). « Techniquement, le paquet neutre cela va être très difficile à gérer, et avec les clients cela va entrainer des conflits » (…) « Nous sommes très inquiets pour nos entreprises, nous avons des employés qui risquent d’être sanctionnés parce qu’ils n’ont pas vendu un paquet de la bonne façon » (…) « Vous imaginez dans quel pays vit-on ».




