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29 Oct 2014 | Trafic
 

Trafic cigarettes SuisseNous n’avons de cesse de le répéter. Elles sont multiples et variées, les mille et une voies menant au marché parallèle. Ainsi, deux employés de l’ambassade d’Irak en Suisse et deux complices ont gagné 1,3 million d’euros, en « important » en France des cigarettes achetées par la voie diplomatique. Interpellé en 2011, le quatuor a été condamné, ce mardi 28 octobre, par le tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse, à des peines de six à dix-huit mois de prison ferme et à une amende douanière totale de 1,37 million d’euros.

L’affaire porte sur 250 000 paquets … C’est un employé de la mission diplomatique irakienne en Suisse qui avait mis au point une combine, somme toute classique : profiter à grande échelle du « privilège » accordé aux ambassades, et à leurs salariés, d’acheter des marchandises détaxées. Acquises entre 12 et 13 euros, les cartouches étaient revendues entre 20 et 22 euros à un chauffeur (de nationalité allemande) employé par l’ambassade.

Régulièrement, ce dernier ouvrait la route entre la Suisse et la France – pour s’assurer de l’absence de douaniers – suivi par une camionnette remplie de cartons de cigarettes. Entreposées dans un box à Ferney-Voltaire, les cartouches étaient ensuite revendues à deux intermédiaires qui les écoulaient partout en France à 30/32 euros. Jusqu’en Bretagne où habitait le frère du « cerveau » de la bande.

Selon les estimations des douanes, le trafic s’est avéré très lucratif. L’employé irakien avait ainsi acquis studio et appartement dans le Pays de Gex ainsi qu’une voiture de luxe. Par sécurité, il s’était procuré des formulaires «  de privilège diplomatique », issus d’une dizaine d’ambassades. Le chauffeur multipliait les dépenses somptuaires et avait déposé plus de 130 000 euros sur ses comptes bancaires.

Mais les douaniers suisses  ont démonté cette petite organisation … Le 18 janvier 2011, ils interpellaient les deux acolytes, avec 1 600 cartouches de cigarettes, et les remettaient à leurs homologues français. Le jour du procès, seul un des deux revendeurs finaux était présent.