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23 Nov 2021 | Trafic
 

Violences, trafics, bagarres, vols, coups de feu … L’insécurité s’est installée au cœur du quartier lyonnais de La Guillotière (voir 23 octobre, 12 août et 4 juillet). Malgré la volonté affichée des pouvoirs publics d’enrayer le fléau, les commerces ferment leurs portes et les riverains perdent espoir.

Une pleine page dans Le Figaro. Extraits …

La Guill « est un endroit où il ne faut être que de passage », glisse un policier lyonnais rompu aux interventions dans le secteur. Pour beaucoup de riverains, le contournement de l’enclave Gabriel-Péri est devenu une évidence (…) Il y a quelques mois déjà, la maire écologiste de l’arrondissement, Fanny Dubost, elle-même reconnaissait qu’il lui arrivait « de faire un détour » pour éviter le secteur.

•• Si la police, tant municipale que nationale, effectue régulièrement des descentes massives et multiplie les rondes quotidiennes, elle est bien incapable de maîtriser l’afflux permanent d’individus qui vont et viennent pour s’adonner aux trafics de drogue, de cigarettes, de médicaments et marchandises diverses. À défaut de pouvoir changer la donne, les hommes en bleu constatent, traversant à pied ou en voiture la foule, dans la quasi-indifférence des marchands clandestins. Trois petits tours et puis s’en vont.

La Guillotière n’est pas inscrite sur la liste des 80 zones de sécurité prioritaire françaises, pourtant elle est devenue une « zone de tous les droits », déplore Nathalie Balmat, la présidente du collectif de riverains en colère.

•• Plusieurs centaines d’individus, dont beaucoup ne parlent pas français, s’amassent chaque jour autour de la station de tramway Guillotière-Gabriel-Péri.

Des mineurs, isolés pour beaucoup, venus d’Afrique et d’Europe de l’Est. Des jeunes qui « n’ont rien à perdre puisqu’ils ont déjà connu l’enfer dans leur pays », juge un restaurateur installé de longue date. Sur les mille interpellations effectuées par les policiers lyonnais depuis le 1er janvier, environ 40 % concernaient des mineurs, selon des chiffres de la préfecture du Rhône (…).

En plus d’un marché informel, la Guillotière est ainsi devenue le théâtre d’une violence décomplexée. Les vols de téléphone se font au couteau, les bagarres sont fréquentes et les comptes se règlent à coups de feu et aux tirs de mortiers d’artifice. Le tout sous l’œil impassible des caméras de vidéosurveillance qui quadrillent la zone.

•• Que font les autorités ? Depuis des mois, riverains et commerçants supplient la mairie de leur venir en aide, en instaurant notamment une présence policière permanente à Gabriel-Péri. « Les petits vendeurs, ce sont des piétons. On en arrête dix, il y en a dix autres qui reviennent. Il faut leur rendre la vie impossible. Il ne faut pas que ce soit une bonne affaire de venir ici », s’insurge un habitant.

La mairie de Lyon, avec à sa tête l’écologiste Grégory Doucet depuis juillet 2020, promeut-elle des actions « durables » sur le plan social et urbain. En 2022, la place Gabriel-Péri sera par exemple entièrement équipée en pissotières, pour limiter les épanchements d’urine sur la voie publique. Autre action envisagée : la piétonnisation d’une partie du quartier et la création de traversées piétonnes. « De quoi élargir le marché du trafic », s’étrangle un riverain (…).

•• Il a toutefois suffi d’un coup de projecteur des médias locaux et nationaux pour qu’en quelques jours l’édile de Lyon fasse de la Guillotière son nouveau cheval de bataille. Deux actions « coup de poing » mobilisant quelque 130 policiers ont été diligentées en une semaine (voir 8 novembre). Des moyens « quotidiens » et « significatifs » sont déployés pour gérer la situation à la Guillotière, a ainsi répété le préfet Pascal Mailhos, rappelant que 350 opérations de police ont été réalisées depuis le début de l’année, soit « plus d’une par jour ».

Le procureur de la République de Lyon Nicolas Jacquet vante quant à lui « une autorité judiciaire mobilisée ». Le magistrat fait savoir que 482 mineurs ont été déférés devant le juge des enfants depuis le premier janvier et que 116 ont été incarcérés (…)

•• Malgré cette volonté affichée des pouvoirs publics d’enrayer le fléau de l’insécurité à la Guillotière, dès le lendemain de l’opération « coup de poing », les habitudes reprennent sur la place Péri. Dealeurs, drogués, vendeurs à la sauvette : tous sont au rendez-vous, qui à côté de son arbre, qui à côté de son mur, qui à côté de sa vitrine habituelle.

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