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1 Fév 2025 | Profession
 

Face à la contrefaçon, à l’insécurité croissante et à la concurrence des cigarettes espagnoles, les buralistes du Lot tirent la sonnette d’alarme. Ce lundi 3 février, ils se rassemblent à Cahors (devant la Comédie) pour interpeller les élus et dénoncer une situation qui menace l’avenir de leurs commerces. De nombreux élus, maires ainsi que les députés sont conviés à ce rassemblement.  

« Ce mois-ci, j’ai perdu entre 10 et 15 % de mon chiffre d’affaires », souffle à La Dépêche du Midi un buraliste à Saint-Céré. Comme bon nombre de ses collègues.

•• « Cela commence à arriver dans le Lot, dans nos petites villes et nos villages. On s’aperçoit qu’il y a un commerce illicite dans certaines fausses enseignes, comme des kebabs ou des épiceries de nuit. Il y a des ventes interdites : certains commercialisent des cartouches de contrefaçon ou venant de pays étrangers. Cela crée une distorsion au niveau du commerce », regrette Thierry Scheid, président de la fédération des buralistes en Occitanie, de la fédération lotoise et patron d’un tabac-presse à Cajarc. 

Ce dernier met des chiffres en avant : 43 % de la consommation française de tabac est faite hors des bureaux de tabac. Dans l’Hexagone, sept usines de contrefaçon de tabac ont été démantelées, dont une près de Toulouse.

•• D’où la colère : « On perd notre rémunération, on met nos commerces en danger. » Le rassemblement de ce lundi est donc organisé pour alerter les pouvoirs publics sur cette situation, qui « ne peut plus durer ». « Il y a une insécurité grandissante. Ils rentrent en pleine journée pour piquer quelques cartouches. Je ne veux pas qu’un exploitant de bureau de tabac se fasse tuer ! », indique Thierry Scheid.

« Certains de mes clients, cela fait trois ou quatre mois que je ne les vois plus. Et ce sont des gens qu’on ne reverra plus », s’exaspère-le buraliste de Saint-Céré. La différence de prix est telle avec l’Espagne … « Il faudrait que les Douanes fassent plus de contrôles », affirme-t-il.

Thierry Scheid conclut : « Tous mes collègues commencent à être en difficulté. On veut conserver nos commerces de proximité. 50 % de mes clients sont fumeurs, alors si on m’enlève le tabac, je ne tiens plus ! »