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9 Juin 2014 | International, Trafic
 

09-06 PIBL’Italie a fait sensation en annonçant, le 22 mai, qu’elle intégrerait dans son PIB les revenus provenant du trafic de drogue, de la prostitution ainsi de la contrebande de tabac et d’alcool (voir Lemondedutabac du 25 mai).

Depuis, le Royaume-Uni et la Belgique ont embrayé … suivant de nouvelles règles comptables de l’Union européenne qui ne sont pas sans soulever des questions statistiques et éthiques. Lesquelles viennent d’être détaillées dans une dépêche AFP.

« Le PIB n’étant pas un indicateur de moralité » y explique un porte-parole d’Eurostat, l’institut européen de la statistique, « il s’agit de permettre une meilleure comparaison entre des pays aux législations différentes ». L’office européen fixe, déjà dans un document de 2012, les recommandations pour l’estimation, par nature très difficile, des activités illégales : modes de calcul , précisions  sur, par exemple, « la valeur ajoutée brute » de la prostitution, «  le ratio de pureté »  des produits stupéfiants, les « coûts de transport et de stockage » du narcotrafic … Concernant la prostitution, la ministre belge de l’Intérieur et la ministre française des Droits des Femmes ont écrit à la Commission européenne pour exprimer leur « stupeur ». Marine Le Pen protestant contre une « négation de la morale la plus élémentaire ».

Ce qui n’est pas l’avis de certains chercheurs et universitaires. « Il y a une généralisation de cette approche comptable depuis la crise, ce qui importe, avant tout,  c’est ce qui rentre dans les caisses de l’Etat, jusqu’à calculer le produit criminel brut » remarque Eric Vernier (Institut des Relations internationales et stratégiques).

Le professeur Friedrich Schneider (Université de Linz-Autriche) définit l’économie parallèle comme la part non-déclarée de transactions elles-mêmes légales (« tout ce qui se produit et se vend au noir ») et en exclut le trafic de drogue et les activités « ouvertement » criminelles. Il évalue que « l’économie de l’ombre », ainsi mesurée, pèse 18,6% du PIB au niveau européen (et un peu plus de 10% en France).