« 5 euros et vous avez droit à un seul coup ! Si votre boule, par l’effet que vous lui donnez, fait tomber les deux paquets, ils sont pour vous ! ». Les badauds se pressent autour de la mini-table de billard. Et de jouer et rejouer sous les exclamations et les vivats.
Nous sommes à Rome, au bord du Tibre, face au populaire quartier du Trastevere. Un soir d’été comme les autres. Doux et insouciant. Et ce jeu de rue, auquel personne ne trouve rien à redire, parait aussi naturel que ces clins d’œil glissés par les Romains aux jolies touristes, sans gêne, ni lourdeur. Personne n’y trouve une incitation agressive à fumer.
Les paquets de cigarettes n’ont pas de photos-choc. Lesquels ne sont pas en vigueur en Italie. Pendant ce temps, plus au Nord, mais toujours en Europe, on veut à tout prix introduire les paquets génériques (voir Lemondedutabac du 7 août). L’Europe de la Directive tabac s’applique à une terre de vrais contrastes. C’est pour cela que ses dispositions sont si artificielles.
Dernier détail : quand on demande à l’animateur du jeu d’où proviennent ses paquets de cigarettes, il répond qu’il les a acquis légalement chez un « tabaccai » et qu’il s’en sort, les joueurs étant aussi nombreux que maladroits. Sur le premier point, on n’est pas obligé de le croire.




