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25 Sep 2016 | Profession
 

fdj-stephane-pallezStéphane Pallez, PDG de la Française des Jeux, a accordé un long entretien aux Échos, daté des 23/ 24 septembre.

Nous en reproduisons les extraits les plus significatifs.

•• Sur l’inquiétude des buralistes (voir Lmdt des 22 et 19 septembre 2016)

Stéphane Pallez : « leurs inquiétudes portent d’abord sur des sujets indépendants de FDJ. Il s’agit en particulier de l’impact du paquet de cigarettes neutre et du prix du tabac. J’entends leur préoccupation.

« Pour sa part, FDJ leur apporte la croissance. La rémunération des buralistes a progressé de 8 % par point de vente ces dernières années et même de 10 % au premier semestre 2016.

« En outre, FDJ investit dans son réseau de proximité. Une enveloppe de 180 millions d’euros lui est consacrée dans le cadre de notre plan d’investissement de 500 millions à échéance 2020. Cette enveloppe couvre notamment le renouvellement des terminaux des points de vente. Le réseau physique est notre partenaire privilégié, notre relation doit être gagnant-gagnant pour continuer à développer dans le dialogue l’activité dans le réseau ».

•• Sur la conjoncture

« FDJ est une entreprise peu sensible à la conjoncture, à moins d’un cycle de récession très marqué. Pourquoi est-il moins impacté que d’autres par les tragiques événements récents ? Contrairement aux secteurs qui dépendent de la concurrence étrangère, il repose sur une clientèle française attachée à son mode de vie et à la convivialité des 31 000 points de vente FDJ.

« Sa croissance annuelle moyenne a été de l’ordre de 5 % au cours des quatre dernières années. Nous sommes sur la même tendance pour 2016 et devrions franchir la barre des 14 milliards d’euros de vente (voir Lmdt du 12 septembre 2016). Notre croissance est liée à notre capacité à imaginer de nouveaux jeux et à préparer l’avenir. En outre, nos gammes sont diversifiées ».

•• Sur l’activité Internet

« Les mises sur Internet sont en croissance de près de 10 % mais 96 % de nos ventes viennent toujours du réseau de proximité qui reste très dynamique. L’heure est à la combinaison et à l’enrichissement du réseau physique par les services numériques. Nous avançons dans cette voie et visons 20 % de ventes numérisées en 2020.

« Nous avons lancé, il y a un an, un système de préparation des prises de jeux de paris sportifs sur smartphones avant enregistrement en point de vente. Cette application connait un succès remarquable. Elle représente déjà 20 % des ventes de paris sportifs. Et nos détaillants sont demandeurs parce qu’elle permet de simplifier la prise de paris et de fluidifier les flux de clientèle. Nous venons de lancer une application similaire pour Loto et Euro Millions. Par ailleurs, grâce à la géolocalisation des points de vente, nous expérimentons un service drive to store ».

•• Sur les risques d’« ubérisation » du secteur des jeux

« Il faut se méfier de ce terme, désormais appliqué à tout. Mais il a le mérite d’interroger la stratégie d’entreprise. Une entreprise, même en monopole, n’est pas à l’abri de nouvelles formes de concurrence. Je ne crois pas à l’ubérisation de FDJ dès lors que FDJ continue à se réinventer. Au contraire, je pense que le numérique est une formidable opportunité pour innover, élargir notre base-clients et les accompagner dans leur pratique ».

•• Sur l’avenir du Loto 

« Loto fait partie de la société française. Avec ses 17 millions de clients, c’est un jeu rassembleur. On le connait même quand on n’y joue pas ! Pour autant, notre travail avec la Web School Factory (voir Lmdt du 7 octobre 2015) a montré qu’il ne correspond pas aux attentes des nouvelles générations.

« Nous allons le relancer en 2017 avec une formule plus ludique faisant appel aux nouvelles technologies et aux réseaux sociaux. Nous avons fait ce mois-ci une expérience pour les quarante ans du Loto mêlant jeu traditionnel et jeu interactif. Elle a montré que les clients sont demandeurs de cette activité » (voir Lmdt du 7 septembre).