C’est bien connu, un bon débat est un débat maîtrisé. Tout est dans le contrôle de l’ordre du jour, dans la répartition des temps de parole et dans la « modération » des échanges. Et pour ce faire, l’eurodéputée socialiste Linda McAvan (rapporteur sur la proposition de prochaine Directive tabac qu’elle soutient) est orfèvre.
On l’a encore vu, ce début d’après-midi au Parlement européen à Bruxelles, où les acteurs, au sens large, de la filière tabac étaient auditionnés (voir Lemondedutabac de ce matin). Cinq eurodéputés étaient présents (pas un Français), parmi lesquels Konrad Florentz qui est le contre-rapporteur, mais dont on sait qu’il est favorable à la Directive (quoiqu’avec une position nuancée sur les paquets quasi génériques).
Bien entendu … l’objet de l’audition ne portait pas sur le bien-fondé de la Directive, ni sur sa pertinence. Mais sur certains aspects précis du texte : ingrédients ; paquets ; snus. La cigarette électronique étant traitée dans une deuxième séance, en fin d’après midi.
Forcément, les interventions – limitées à 3 minutes chacune – ont été très ciblées : qu’elles proviennent des fabricants, des tabaculteurs (représentés par François Vedel), des fabricants d’emballages ou des vendeurs de distributeurs automatiques …
Pascal Montredon (au nom de la CEDT et de la Confédération des buralistes) est revenu – 5 minutes durant – sur le principal objectif de la Directive (faire baisser la prévalence tabagique des jeunes) pour mettre en avant les vertus d’un réseau de vente du tabac « physique et responsable », reposant sur un maillage de commerçants sous tutelle des pouvoirs publics. Il a fustigé certaines mesures de la Directive comme attentatoire à la survie économique des réseaux de détaillants. Ce à quoi, il lui a été répondu, côté parlementaires européens, « que si les buralistes sont pénalisés par des questions de fiscalité tabac, c’était à voir avec leur gouvernement … ».




