Il faudra attendre le sort que va faire le Sénat à l’ensemble du Projet de Loi de Financement de la Sécurité sociale/ PLFSS (dont la partie recettes a été adoptée hier soir, contrairement aux deux exercices précédents), puis le passage en seconde lecture à l’Assemblée nationale, pour être sûr que l’amendement de la députée PS Michèle Delaunay visant à sur-fiscaliser le segment des cigares- cigarillos soit définitivement neutralisé. Du moins dans sa forme actuelle (voir Lmdt du 13 novembre).
A la lumière des débats, on aura retenu que deux types d’arguments ont été particulièrement mis en avant par les parlementaires : la nécessité de maintenir l’équilibre économique de ces commerces de proximité que sont les buralistes par rapport au développement du marché parallèle du tabac en général (les témoignages de buralistes auprès de sénateurs ont porté leurs fruits) ; la spécificité du secteur cigares- cigarillos dont le modèle économique est différent de l’industrie de la cigarette, alors que ses produits sont achetés par une clientèle en dehors de la cible habituelle des campagnes anti-tabagiques (comme nous l’avons répété quotidiennement ici même entre le 23 octobre et le 11 novembre).
On regrettera, cependant, que les sénateurs n’aient pas suffisamment insisté sur les emplois en jeu (voir Lmdt du 12 novembre).
Cela dit, il serait bien naïf d’imaginer – au-delà même de cet amendement – que la fiscalité cigares-cigarillos ne connaisse pas quelque ajustement dans les temps à venir. Quand ? Assez vite. Et à quelle hauteur ? Certains fabricants doivent avoir leur idée. La grande leçon de cette bataille parlementaire : personne n’anticipe jamais assez.




