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8 Oct 2014 | Observatoire
 

Cash InvestigationSi l’on comprend bien la démarche des instigateurs de « Cash Investigation », diffusé ce 7 octobre sur France 2 (voir Lmdt de ce 8 octobre), il s’agit de « diaboliser », de « stigmatiser », d’enlever toute légitimité à une industrie afin de lui dénier tout droit à la parole, toute velléité de défendre ses intérêts : « Vous êtes de l’industrie du tabac, vous êtes forcément suspect, taisez-vous ».
Alors que cette même industrie du tabac agit dans un cadre légal, ne conteste pas les ravages du tabagisme, reconnaît la légitimité d’une politique anti-tabac, n’assure pas de propagande du tabac (les associations anti-tabac sont suffisamment vigilantes pour cela) et respecte les règles du lobbying à Bruxelles comme à Paris.

Marisol Touraine paquet neutreOn a vu, dans l’émission, Marisol Touraine présenter ses paquets neutres aux journalistes. Elle insiste bien : « la marque ne disparaît pas ». Tu parles ! Le nom de la marque est réduit à une taille minimale et devient quasi-invisible …

Ainsi, en stigmatisant l’industrie comme l’a fait « Cash Investigation », on cherche à lui enlever toute velléité d’expression dans le cadre légal qui lui est accordé. On veut rendre sa communication institutionnelle « neutre », « générique ».

CarottesDe même pour les buralistes, cités dans l’émission par « le lobbyiste anonyme de service », et présentés comme étant manipulés (« utilisés comme chair à canon ») par l’industrie. Tout simplement parce que les buralistes européens avaient de bonnes raisons de contester la Directive européenne. Et des raisons qui leur étaient propres.

S’il est incontestable que les buralistes sont, pour une partie de leur activité, dans la même filière que l’industrie du tabac, ils le sont avec leur statut de distributeurs. Comme dans toutes les filières industrielles avec tout ce que cela suppose de convergences mais aussi de divergences et d’opposition: sur les problèmes de rémunération et des prix, pour ne citer que ces exemples puisés dans l’actualité de ces dernières années.

Mais là encore, le propos indirect des instigateurs de « Cash Investigation » est d’intimider ; « l’industrie est contre les paquets génériques. Si vous êtes contre aussi, c’est que vous êtes les complices de l’industrie. Donc, taisez-vous ». La ficelle est un peu grosse. Comme si l’on voulait rendre la libre expression responsable des buralistes « neutre », « générique ». Ce n’est pas les connaitre.

A suivre.