Légalisation du cannabis ? Le parlement italien étudie, depuis le 25 juillet, un projet de loi sur la légalisation de la consommation, de la détention et de l’autoproduction de cannabis. On ignore si les buralistes italiens y seront vraiment associés (voir Lmdt du 20 juillet 2016).
Mais ce serait le premier pays de l’Union européenne à franchir le pas après l’Uruguay (voir Lmdt du 21 avril 2014), plusieurs états américains (voir Lmdt des 23 juin et 10 avril 2016) et prochainement le Canada (voir Lmdt du 9 décembre 2015). En France, le sujet affleure de plus en plus (voir Lmdt des 4 juillet, 10 mai ainsi que des 4 et 26 avril 2016).
Dernière occurrence, ce dimanche 7 août dans Le Journal du Dimanche où Emmanuelle Auriolle (professeure à la Toulouse School of Economics) – qui a publié « Pour en finir avec les mafias. Sexe, drogue et clandestins : si on légalisait ? » (Armand Colin) – répond précisément à des questions précises de Stéphane Joahny.
En matière de drogue, vous prônez la légalisation et pas la dépénalisation, pourquoi ?
• « Le seul avantage de la dépénalisation, ce serait d’éviter la prison aux consommateurs. Sinon, elle ne fait que cumuler les inconvénients : elle ne gêne pas le crime organisé et elle encourage les consommateurs qui ne risquent plus rien ».
Quels seraient les avantages d’une légalisation ?
• « Si l’objectif de l’approche prohibitionniste est d’éradiquer la consommation de drogue, c’est un échec malgré un coût considérable de l’ordre de 2,4 milliards d’euros par an de dépenses publiques.
« En tant qu’économiste, je constate que la demande existe. Et comme il n’y a pas d’offre légale, ce sont les criminels qui en profitent. L’État doit reprendre le contrôle d’une situation qui lui échappe ».
Comment ?
• « Certainement pas en proposant la drogue en vente libre au supermarché, mais en organisant sa commercialisation comme on le fait pour le tabac, avec une fiscalité adaptée.
« Au début, cette fiscalité doit être très modérée de manière à évincer le crime organisé,
avant de le remonter comme pour le tabac, dont les taxes représentent 80 % du prix d’un paquet de cigarettes.
« Ce qui ne veut pas dire abandonner le vote répressif. Au contraire, l’État devra être impitoyable avec les trafiquants résiduels ».
Comment s’organiserait la production ?
• « On peut tout à fait imaginer comme dans certains états américains, des producteurs privés sous licence. Quant à l’autoproduction qui, on le voit actuellement, est impossible à empêcher, une tolérance pour la culture de deux pieds de cannabis peut être envisagée ».




