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25 Jan 2014 | International
 

Quand les mêmes causes produisent les mêmes effets et conduisent à des analyses comparables (voir Lemondedutabac du 24 janvier). Une note de l’Institut économique de Montréal (IEDM), rendue publique mercredi 23 janvier, constate que « surtaxer les produits du tabac, l’alcool et le jeu a ainsi pour effet de diminuer les recettes de l’État plutôt que de les augmenter ».

Taxes« Augmenter les taxes dites puritaines, c’est une solution de facilité. Les gouvernements devraient y réfléchir à deux fois et penser aux conséquences inattendues», dénonce Jean-François Minardi auteur de la note et analyste des politiques publiques à l’IEDM. Au moment même où le gouvernement du Québec mène des consultations pré-budgétaires.

Il donne, notamment, l’exemple des taxes sur le tabac qui, dans les années 1990, ont été fortement majorées par le gouvernement fédéral et les provinces. Résultat : les fumeurs se sont tournés vers la contrebande, la part du marché illicite au Canada passant de 1% en 1987 à 31% en 1993. Après un ajustement et une accalmie, la contrebande passe à 28% en 2008.

Plus récemment, le gouvernement du Québec a décidé une hausse de taxes sur le tabac dans l’espoir d’accroître ses recettes de 43 millions de dollars. Or, celles-ci ont plutôt chuté, passant de 913 à 907 millions de dollars.

« Lorsque le prix devient trop élevé, les gens se tournent vers d’autres sources », répète Jean-François Minardi, qui rebondit sur l’exemple du Danemark qui a créé une taxe sur les produits alimentaires ayant plus de 2,3% de matières grasses. Mécontents, les Danois sont partis faire leurs courses de produits laitiers en Allemagne où les prix étaient moins chers de 20%. Un an après, le gouvernement abolissait la taxe.