Les buralistes de la Charente s’inquiètent de la hausse du trafic de cigarettes et veulent continuer de se diversifier en commerces de proximité. À l’issue de l’assemblée générale de la fédération départementale, le 14 décembre, son président Alain Lagarde (voir 25 février 2023 et 23 décembre 2022) a présenté – au micro de France Bleu La Rochelle / Ici La Rochelle – les enjeux de la profession.
Pour faire face et s’adapter aux changements, les buralistes continuent de diversifier les services. Ils misent ainsi sur de nombreux services de proximité, explique Alain Lagarde.
•• « La proximité, vous savez, c’est au cœur de notre métier. Nous sommes, je pense, des acteurs essentiels dans la structuration des territoires. Nous offrons énormément de services de proximité à nos clients, à la population. Bien évidemment, nous vendons du tabac, mais nous vendons également des jeux, des journaux, des timbres. Nous sommes aussi préparés pour faire le service de paiement des créances locales: cantine, impôts, timbres fiscaux, amendes, etc.
« Nous ouvrons aussi des comptes bancaires … Vous voyez, tous ces services qui font de nous un véritable commerçant d’utilité locale que nous revendiquons. Vous savez, aujourd’hui, nous restons souvent le dernier commerce de proximité dans nos campagnes, dans nos quartiers et je crois que nous avons une véritable opportunité de servir les citoyens sur nos territoires ».
•• Il reste une « grosse difficulté pour les buralistes, c’est le marché parallèle, la contrefaçon, le trafic de cigarettes ». La France a « le prix le plus élevé de la vente des produits du tabac en Europe, et le pourcentage n’arrête pas de progresser au niveau du marché parallèle de la contrefaçon ».
Lors de l’assembée générale, Alain Lagarde a précisé : « même si l’on est à trois heures de la frontière espagnole, aujourd’hui, nous sommes tous des frontaliers. » Il estime qu’en Charente, le marché parallèle ferait diminuer de 10 % le volume de vente de cigarettes des buralistes. Le marché parallèle, « aujourd’hui, c’est au moins 35% de ces produits-là qui sont pris en dehors du réseau des buralistes. Alors qu’aujourd’hui, l’État cherche de l’argent par tous les moyens, c’est entre 3 et 5 milliards d’euros de recettes fiscales qui s’échappent ».
•• Et alors que le paquet doit encore augmenter de 50 centimes le 1er janvier (voir 17 décembre), « ce qu’on demande, on a trois priorités vis-à-vis des services de l’État : d’abord, un moratoire sur la fiscalité du tabac en France ; une lutte acharnée sans relâche contre le marché parallèle et contre la contrefaçon ; et d’avoir au plus vite l’exclusivité de la vente de tous les produits qui sont à base de nicotine chez les buralistes ».




