L’échec de toute une politique. Les adolescents français continuent, dans l’ensemble, de se distinguer par leurs pratiques addictives « en dépit de la réglementation visant à limiter l’accès à ces produits et des campagnes de préventions répétées », constate un rapport rédigé sous l’égide de l’Inserm (Institut national de la Santé et de la Recherche médicale ) à la demande de la Mission interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie (Mildt).
En conséquence et sans surprise, les experts préconisent de « cibler en priorité » l’action sur ces trois produits (alcool, tabac, cannabis) afin de prévenir ou retarder l’âge d’initiation à ces substances. Et sur certains produits, il semble qu’il y ait urgence. En 2011, seulement 6,6% des adolescents de 17 ans n’avaient jamais touché à un verre d’alcool, à une cigarette ou à de la drogue.
• L’alcool est la première substance dont l’expérimentation est la plus précoce : 58 % des élèves de 11 ans reconnaissaient avoir déjà bu une boisson alcoolisée, proportion qui atteint 91% des garçons et filles à la fin de l’adolescence.
• L’augmentation des phénomènes de prise ponctuelle et excessive d’alcool se poursuit : la proportion du « binge drinking » arrive au chiffre « tristement » record de 53% des 10-18 ans.
• Le tabac reste la substance la plus consommée au quotidien : à 17 ans, 30% des filles et 33% des garçons.
• Pour sa part, le cannabis est le premier produit psychoactif illicite consommé à l’adolescence : 11% des élèves de 4ème, 24% des élèves de 3ème, et près d’un lycéen sur deux l’ont expérimenté au moins une fois. Le rapport met l’accent sur la « corrélation significative entre son usage et des passages à l’acte (tentatives de suicide, boulimie, comportements sexuels à risque…) conséquences de la levée d’inhibitions ».
Un rapport qui met « le doigt là où ça fait mal », paru au lendemain de l’annonce du 3ème Plan Cancer et du redémarrage souhaité de son volet « Prévention » (voir Lemondedutabac du 4 février).




