L’American College of Cardiology (ACC) vient de rendre public la dernière mise à jour de son guide clinique – document destiné aux médecins pour évaluer le risque de maladies cardiovasculaires -, avec une nouvelle approche préconisant d’élargir l’utilisation des anti-cholestérol pour prévenir les infarctus et les attaques cérébrales.
« Erreur » rétorquent certains médecins qui craignent qu’une sur-utilisation des statines (anti-cholestérol) fasse oublier des solutions tout aussi efficaces, notamment l’arrêt du tabac.
« La vaste majorité des attaques cardiaques et cérébrales pourraient être évitées si on avait fait tout ce que nous savons efficace pour le réduire » assure le Dr David Goff, professeur de santé publique à l’Université du Colorado, qui a participé à cette mise à jour. Or, estime l’ACC, si les médecins généralistes peuvent facilement identifier les facteurs les plus connus d’accumulation de plaques dans les artères (âge, taux de cholestérol, tension artérielle, tabagisme et diabète), ils se focalisent trop sur les maladies coronariennes, laissant de côté les risques d’infarctus et d’accident vasculaire cérébral. Les AVC constituant la quatrième cause de mortalité pour certaines catégories de population comme les femmes ou les afro-américains. Tout en rappelant l’importance du mode de vie (alimentation, exercice physique), le guide avance qu’« environ un adulte sur trois aux Etats-Unis, ou 33 millions de personnes, courent un risque suffisamment élevé pour recevoir un traitement préventif de statines, les anti-cholestérols les plus efficaces ».
Un collège de médecins ne semble pas souscrire à cette incitation à une surconsommation de médicaments (qui n’est pas sans rappeler la théorie du livre « Big Pharma » paru en août dernier, sur « l’art du profit qui a dévoyé la science »). En raisonnant de façon plus pragmatique et responsabilisante. « Ainsi, un homme plus âgé qui fume, a un taux bas de cholestérol et une tension artérielle légèrement trop élevée va entrer dans le nouveau profil de risque le qualifiant pour être traité avec des statines », explique le directeur d’un centre de prévention des maladies cardiovasculaires d’un hôpital de Boston, « alors qu’en fait, cet homme a surtout besoin d’arrêter de fumer et de contrôler sa tension artérielle ».
La prévention plutôt que la surconsommation médicamenteuse, en somme.




