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16 Juil 2016 | Trafic
 

Nice attentatAlors que la menace terroriste projette, à nouveau, son ombre macabre sur la France, revenons sur le fait que le trafic du tabac compte parmi les différentes sources de financement de ces réseaux et individus qui s’attaquent à notre pays.

•• Des déclarations en font part :

 « Il est avéré que beaucoup de djihadistes sont très proches de la petite délinquance (contrefaçon, tabac de contrebande, drogue) » a déclaré Christian Eckert lors de la présentation du bilan de la Douane, l’année dernière (voir Lmdt du 17 mars 2015 et du 20 juin 2016). Propos qu’il a repris plus récemment (voir Lmdt du 25 mai 2016).

 « Les contrebandiers de tabac sont impliqués dans le terrorisme »  a annoncé il y a peu de temps Mohsen Hassan, le ministre du commerce tunisien (voir Lmdt du 13 mars).

 « La porosité entre les phénomènes délinquants et les filières terroristes nécessite une analyse commune et plus fine des circuits financiers. Des exemples récents permettent d’observer comment certains terroristes ont pu financer leurs projets criminels grâce à des méthodes acquises à travers un parcours de délinquance d’habitude » (extrait d’un communiqué commun de Michel Sapin, Bernard Cazeneuve et Christian Eckert / voir Lmdt du 31 janvier 2015).

•• Des études l’attestent :

 « La contrebande et le trafic de cigarettes représentent plus de 20 % des sources criminelles de financement des organisations terroristes. Cette affirmation s’appuyant notamment sur l’analyse minutieuse de 75 procédures judiciaires internationales menées depuis 2011 … »
Il s’agit de l’un des enseignements d’un rapport publié récemment par le Centre d’Analyse du Terrorisme (CAT), un think-tank dirigé par l’avocat Thibaut de Montbrial et qui compte à son conseil d’administration le juge espagnol Baltasar Garzon (voir Lmdt du 29 mars 2015).

 « Les réseaux criminels et terroristes se pensent comme un grand commerce, de manière très rationnelle. Ils se développent dans le commerce illicite et concernent principalement le monde développé.
« On ne doit pas seulement parler de financement du terrorisme mais aussi de commerces de terroristes (…) Ils opèrent pour cela des diversifications étonnantes.
« Je commence mon livre par l’attentat commis dans le sud de l’Algérie, où les terroristes ont financé leur organisation par le trafic des cigarettes, puis par les prises d’otages d’Européens ».
Il s’agit d’un extrait de l’interview (voir Lmdt du 11 janvier 2015) accordée à La Revue Civique par Louise I. Shelley, universitaire et chercheuse américaine dirigeant le « Terrorism, Transnational Crime and Corruption Center » dépendant de l’université Georges Mason (Virginie).

 En mai de cette année s’est tenue à Rome une conférence intitulée « Sur les routes des trafics en Europe et en Méditerranée », organisée par Assoziane Priorità Cultura, l’Institut des Affaires internationales et BAT Italia : on y a clairement fait ressortir que la contrebande de tabac relève d’un phénomène global constituant l’une des principales sources de financement de la criminalité transnationale (voir Lmdt du 15 avril 2016).

•• Des faits précis le confirment :

 Dans le rapport du Centre d’Analyse du Terrorisme, cité plus haut, on apprend que le tueur de l’hyper-cacher de Montrouge de janvier 2015, Amédy Coulibaly, avait donné dans le trafic de tabac au cours de sa dense carrière de voyou de banlieue.
En 2010, la police avait retrouvé deux cartons de cartouches de contrebande dans un box utilisé par Coulibaly et un complice (voir Lmdt du 26 mars 2015).

 Revenons aussi sur l’algérien Mokhtar Belmokhtar qui écume l’Afrique subsaharienne en multipliant les attentats et qui a frappé, en début d’année, à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso (voir Lmdt du 17 janvier). Son groupe Al-Mourabitoune est affilié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
Et l’un des surnoms de Mokhtar Belmokhtar – « Mister Marlboro » – en dit long sur l’une de ses activités de contrebande qu’il a longuement pratiquée à une époque en guise de financement (voir Lmdt du 21 novembre 2015).

 Au début de ce mois, une enquête journalistique circulait sur Internet et arrivait à la conclusion que le trafic du tabac au Monténégro alimenterait les affiliés de Daech en Lybie (voir Lmdt du 3 juillet 2016).