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Le site d’information economiematin.fr, du vendredi 9 août, a confié sa page « Experts » à Didier Castiel de l’Université Paris-13 qui y dénonce l’hypocrisie entretenue par les discours concernant les politiques sur la santé, le déficit et les taxes sur les tabacs.

Question politiquement incorrecte : les taxes sur les tabacs financent-elles l’assurance maladie ? Pour le chercheur et enseignant en économie de la santé la réponse ne serait être totalement positive. Démonstration chiffrée à l’appui.

4,4 milliards d’euros en 2008, 11,6 milliards en 2010,  7,9 milliards en 2013 … « Chaque année, le politique annonce le déficit de l’assurance maladie sans vergogne, en profite pour culpabiliser consommateurs de soins et professionnels pour préconiser comme solutions de dérembourser ou d’augmenter les prélèvements, y compris les taxes sur les tabacs et alcools » constate Didier Castel qui demande « ces taxes sur les tabacs qui rapportent… mais à qui ? ».

Selon les données de la Direction de la Sécurité sociale, les droits de consommation levés sur les tabacs ont représenté 10,5 milliards d’euros en 2010, 11 milliards en 2011, 11,1 milliards en 2012 et 11,4 milliards en 2013. Le total reversé à la Sécurité sociale s’est élevé à 6,2 milliards en 2010, 9,1 milliards en 2011, 9,4 milliards en 2012 et 10,1 milliards en 2013.

Si la situation s’améliore avec un taux de reversement qui passe de 59% à 88,6% en quatre ans, Didier Castiel fait remarquer qu’il y a encore une part non reversée à l’assurance maladie. Par exemple, en 2010, les droits sur les tabacs perçus sont allés à hauteur de 2,92 % au budget de l’État et de 13,80 % à l’apurement des dettes de l’État.

Pour l’économiste, « si le déficit de la santé n’existe pas, par contre, le déficit public existe bien et on cherche à le combler en jouant sur la corde la plus sensible pour les Français : leur santé. Ils y sont très attachés et les culpabiliser pour leur consommation médicale permet de légitimer des actions qui ne visent qu’à taxer plus lourdement les consommateurs de santé, mais aussi de tabac et d’alcool ». Et de conclure que mieux vaut arrêter de chercher des boucs émissaires plutôt que de solutionner durablement la question du déficit de la dette publique.