Arrêter de fumer ? Difficile de s’y retrouver sur la (ou les) bonne(s) méthodologie(s) (voir Lmdt des 28, 12, 7 janvier, depuis ce début d’année). A l’inverse de la plupart des prescriptions de spécialistes, une équipe de chercheurs de l’université de Copenhague estime qu’arrêter de fumer du jour au lendemain pourrait entraîner des rechutes rendant un arrêt prolongé de la cigarette encore plus difficile à atteindre.
« Des scanners du cerveau de fumeurs réguliers montrent que ces personnes doivent faire face à des symptômes proches de la démence dans les premières heures suivant leur arrêt », explique le professeur Albert Gjedde, spécialiste en neurosciences à l’université de Copenhague, dans son étude parue dans le Journal of Cerebral Blood Flow and Metabolism.
« Ce n’est peut-être pas pour retrouver un effet de bien-être que les fumeurs retournent à leur addiction, mais simplement parce que les symptômes de manque sont insupportables », précise-t-il,« ces nouveaux résultats montrent qu’il peut être judicieux d’arrêter de fumer de façon graduelle (…), simplement pour éviter les pires symptômes de manque ».
La nicotine et le fait de fumer accroissent de façon ponctuelle l’activité cérébrale, mais dès que l’on arrête, l’oxygénation du cerveau et l’afflux sanguin s’effondrent, d’au moins 17%. C’est pourquoi le spécialiste n’hésite pas à comparer les effets de la nicotine à ceux de médicaments addictifs, comme les antidépresseurs, dont l’arrêt peut faire ressentir un puissant manque.
Le fait d’arrêter la cigarette de façon graduelle peut réduire peu à peu la dépendance, mais le docteur tient à préciser que les effets du tabac sur le cerveau ne sont pas encore compris à 100% par la communauté scientifique.




