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24 Fév 2025 | Profession
 

En affirmant son intention dinterdire les produits de la nicotine à usage oral, le Gouvernement commet un double renoncement : celui dhonorer la parole donnée et celui de fonder ses décisions sur la donnée scientifique et non sur les injonctions médiatiques, estime Philippe Coy, président de la Confédération des buralistes, dans une tribune du JDD.fr mise en ligne ce dimanche 23 février.

Nous la reproduisons ci-dessous.

Le Gouvernement renonce tout dabord à ses engagements. Depuis des années et avec lassentiment des exécutifs successifs, le réseau des buralistes porte le projet de devenir le commerce de référence de la vente de produits nicotinés. 

•• Deux ministres successifs nous ont promis cet avenir. Plusieurs propositions de loi avaient été déposées, preuve que ce sujet trouvait un écho politique, transpartisan de surcroît. Cette perspective a suscité un élan et des attentes fortes au sein du réseau des 22 800 buralistes de France. 

En octobre dernier, lannonce de la ministre de la Santé Geneviève Darrieussecq a douché nos espoirs (voir 30 octobre 2024).Par la prise de parole surprise dans la presse, sans concertation préalable, la ministre a annoncé vouloir interdire les sachets de nicotine. Quelques jours plus tard dans lhémicycle, il sagissait désormais de « tout interdire, sauf le vapotage ».

•• La parole publique a-t-elle encore du crédit ? Chacun comprendra quil ne sagit pas simplement ici de ne pas répondre favorablement à une demande, mais quil est question dune volte-face incompréhensible et injustifiée. 

Ce choix doit nous inquiéter dautant plus quil est le témoignage dune porosité certaine des pouvoirs publics aux arguments mensongers et infondés de certaines associations qui ne cherchent que des coups d’éclat médiatiques et politiques (voir 11 décembre 2024 et 11 janvier 2025).

En affirmant que les sachets de nicotine sont largement accessibles et consommés par des jeunes et à lorigine de cas dintoxications réguliers, le ministère de la Santé corrobore des arguments démentis par toutes les études et toutes les données disponibles, mais jette en plus indirectement le discrédit sur notre profession.

•• Toutes les enquêtes réalisées sur le sujet montrent que 99 % des moins de 18 ans nont jamais consommé de sachets de nicotine. La pseudo-explosion dappels aux centres antipoisons repose en réalité sur 16 appels depuis 2017. Soit 0,0001 % des appels totaux ! 

Le Conseil d’État lui-même a fait part de son scepticisme sur la pertinence dune interdiction au regard des éléments apportés, en donnant un avis défavorable à linterdiction de la nicotine à usage oral (voir 13 février 2025). Dautant plus que 17 pays membres de lUnion européenne viennent dhomologuer ces produits répondant à une consommation alternative au tabac à combustion.

Cette séquence est catastrophique, tant pour le dialogue transparent que tout corps intermédiaire devrait pouvoir entretenir avec les pouvoirs publics, mais aussi pour le crédit de la parole de l’État et sa capacité à prendre des décisions fondées et éclairées.