Suite à des analyses scientifiques menées par l’Institut national de la Consommation (INC) et l’association 60 millions de consommateurs – à la demande du CNCT (Comité contre le tabagisme) – ces derniers sonnent le tocsin et appellent à « l’interdiction explicite et immédiate de ces produits addictifs et nocifs », déjà mise sur la table par le ministère de la Santé début novembre (voir 30 octobre), selon l’AFP repris par Les Échos.
Nous reprenons l’article.
Les tests réalisés sur sept produits de quatre fabricants ont montré la présence inquiétante de métaux lourds, notamment du plomb et de l’arsenic, ainsi que des taux élevés d’édulcorants comme le sucralose. Pis qu’une simple détection, les taux de métaux lourds atteignent des sommets.
•• Certains sachets de nicotine contiennent 6,5 fois plus d’arsenic qu’une cigarette. Cette substance est « un cancérogène avéré » et « fortement irritante pour les voies respiratoires, et toxique en cas d’ingestion », notent les auteurs de l’étude.
Une toxicité à mettre en parallèle avec le mode de consommation : glisser le sachet contre ses gencives et laisser la salive transmettre la nicotine à l’organisme. En outre, l’étude relève la présence de plomb, d’antimoine (potentiellement cancérogène) et de formaldéhyde (substance toxique et corrosive) dans certains nicopouches.
Enfin, à la différence des substituts nicotiniques, les sachets de nicotine « ne disposent pas d’autorisation de mise sur le marché », pointent du doigt les auteurs, « la commercialisation de ces produits est donc illégale et s’apparente à la commercialisation d’une substance vénéneuse inscrite sur la liste I ».
•• Par ailleurs, les teneurs en nicotine affichées sur les boîtes sont « systématiquement » sans rapport avec les teneurs réelles des produits, avec « un différentiel allant de 20 % à 73 % » selon les marques considérées. Les doses de cette substance addictive contenue dans un sachet peuvent également être dix fois plus fortes que dans les gommes à la nicotine vendues en pharmacie.
« Ces produits apparaissent ainsi comme des vecteurs de dépendance à la nicotine, notamment auprès des jeunes », jugent les auteurs de l’étude. À cela s’ajoute la présence d’ingrédients sucrants, comme le sucralose et le xylitol, présents en grande quantité dans certains nicopouches. Ce qui témoignerait « d’une volonté de cibler les jeunes générations ».
« Les sachets de nicotine sont particulièrement nocifs par la présence préoccupante de métaux lourds que ces produits contiennent, et des vecteurs d’addiction par leur teneur en nicotine et en édulcorants », s’offusque le professeur Yves Martinet, président du CNCT.




