Il fallait bien grossir le trait pour convaincre … Ainsi, l’alerte lancée par les députés socialistes Michèle Delaunay et Gérard Bapt sur une nécessaire augmentation des prix du tabac, en particulier du tabac à rouler (voir Lmdt de ce jour), est étayée dans Le Parisien / Aujourd’hui en France par une enquête, un avertissement et des chiffres.
•• « À la fac, on ne voit plus que ça » titre l’article visant à établir que le tabac à rouler « aujourd’hui beaucoup moins cher, (est) porte d’entrée du tabagisme chez les jeunes ».
Pour en témoigner Matthieu, 22 ans et étudiant en histoire : il a commencé à fumer à 15 ans (« en grillant des cigarettes classiques qu’il taxait aux autres ») et, depuis trois ans, il utilise du tabac à rouler « pour une raison financière tout simplement. Avec un pot de 30 grammes, je fais entre 40 et 60 cigarettes. Pour le même prix, avec un paquet classique , je n’en ai que 20. Alors le calcul est vite fait ». Toujours selon lui, le paquet de cigarettes se ferait de plus en rare à la fac : « lorsque l’un d’entre nous a un paquet, il n’est pas rare d’entendre « tu veux une vraie clope ? » comme si c’était un produit rare et luxueux ».
Toujours selon le quotidien, des trentenaires auraient « repris cette habitude oubliée » (sic). Comme Pierre qui s’y est remis il y a un an pour faire des économies : « ça me rajeunit de me remettre à rouler. Et autour de moi, je constate que je ne suis pas le seul ». Plus probant sur l’aspect économique qu’en terme de « porte d’entrée » …
•• « Le tabac à rouler ce n’est pas moins dangereux. Au contraire ». Citant Tabac Info Service : fumer 20 cigarettes roulées correspond environ à une trentaine de cigarettes toute faites. Le tabac à rouler correspond à une quantité plus importante de goudron, de monoxyde de carbone et de nicotine par rapport à un même nombre de cigarettes industrialisées. La différence est liée à la qualité du produit, moins bonne pour celui vendu en vrac. Le tabac à rouler est moins tassé et on doit donc inhaler plus fort et plus profondément pour l’embraser.
•• Les chiffres (source ? année ? L’article nous laisse sur notre faim …) : une grosse piqure de rappel que la France est la mauvaise élève en Europe : 4ème plus gros consommateur de tabac avec 16 millions de fumeurs (réguliers et occasionnels) ; un jeune sur trois de 15 à 19 ans ; près d’une personne sur deux entre 18 et 34 ans … Même si l’encadré oublie de spécifier que cette forte prévalence tabagique a résisté aux hausses continues des prix du tabac depuis 16 ans, se traduisant seulement par une baisse des ventes dans le réseau légal des buralistes.




