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7 Août 2015 | Observatoire, Profession
 

TrissotinTrissotin, c’est ce personnage, très donneur de leçons et assez ridicule, que Molière a immortalisé dans « Les femmes savantes ».

Il se trouve que le directeur de rédaction de L’Express, Christophe Barbier – éditorialiste, souvent bien inspiré – a emprunté le rôle du lourd « donneur de leçon » sur la diversification des buralistes au détour d’une déclaration qui a soulevé beaucoup de réactions chez les débitants, il y une quinzaine de jours (voir Lmdt du 27 juillet).

Une déclaration révélant une telle méconnaissance, teintée de naïveté, de la réalité du réseau que nous ne résistons pas au plaisir de publier cet échange de mails entre un buraliste (dynamique, réactif et plutôt droit dans ses bottes, du Val-de-Marne) et ce Trissotin des médias parisiens. Christophe Barbier étant aussi un amateur de théâtre.

• Le buraliste : « Tout d’abord, merci de l’intérêt que vous portez à l’avenir de ma profession de buraliste.
« Pour information : je fais comme des milliers de mes collègues en France, points relais pour les grandes enseignes du E-commerce, et ce depuis près de dix ans … J’aurais aimé être point Poste, mais cela dépend des maires qui aujourd’hui décident qui est point Poste …
« J’aurais aimé être antenne des services publics, mais notre premier ministre a souhaité que ce serait pour les bureaux de poste … Pour la presse, je crois que près de 60 % de mes collègues font déjà cette activité …
« Concernant notre Contrat d’avenir, l’État s’était engagé à nous apporter de nouvelles missions, mais dix ans plus tard, nous attendons … En attente de nouvelles idées ».

• Christophe Barbier : « Cher monsieur. Continuons à chercher des diversifications. Avec les imprimantes 3 D, être un fabricant où les gens viennent chercher les objets conçus ? »

• Le buraliste : « J’ai testé en location et malheureusement le temps accaparé par la confection, et surtout le temps passé avec le client pour savoir ce qu’il veut est difficilement compatible avec le temps d’astreinte de la caisse dans une maison de presse / tabac. Je fais également du transfert d’argent, le compte en banque Nickel, la téléphonie, les cartes cadeaux de différentes marques, etc. …
« Et il ne faut pas oublier que la plupart de nos commerces ont un besoin cruel de mètres carrés pour exposer la presse  qui, elle, mériterait de nous être payée plus en commissions !
« Mais je suis, si vous êtes d’accord, tout prêt à recevoir en septembre un de vos journalistes qui pourra faire un papier sur le « vécu » d’un buraliste qui travaille plus de 100 heures par semaine sur 6 jours dans un quartier d’une ville de la couronne parisienne. Bien à vous ».