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14 Août 2021 | Profession
 

Un restaurateur du Sud Essonne refuse de contrôler le pass sanitaire de ses clients (voir 13 et 12 août). Il dénonce une mesure liberticide et estime qu’il n’est pas de son ressort de contrôler ces documents. Un refus qui l’expose pourtant à des sanctions, selon Le Parisien (voir le 9 août).

Sur la porte d’entrée, une affiche annonce la politique de l’établissement : « Zone libre. Ici on respecte votre liberté, votre dignité et le secret médical ». Dans ce restaurant du Sud Essonne, pas de pass sanitaire réclamé.

•• « Ce n’est pas notre rôle que de contrôler et trier nos clients » justifie le gérant de l’établissement, qui souhaite conserver l’anonymat. « Nous avons une clientèle d’habitués avec qui nous entretenons une relation de confiance. Nous ne sommes pas en bord de mer et ce ne sont pas des clients que l’on croise seulement quelques heures. Certains sont des amis que je voie toute l’année. Je ne m’imagine pas les surveiller et les scanner dès qu’ils s’assoient prendre un café » selon le restaurateur.

Depuis la réouverture, seule la terrasse de l’établissement est accessible. Les tables sont espacées, les cartes sont plastifiées et du gel hydroalcoolique est mis à disposition des clients. « Dans ces conditions, le risque de contamination est extrêmement faible », assure le propriétaire.

L’établissement fait en moyenne 50 couverts par service, un le midi et un le soir. D’après le restaurateur, l’initiative de ne pas contrôler le pass sanitaire est appréciée des clients. « On reçoit beaucoup de mots de soutiens, aussi sur les réseaux sociaux. Certains nous le disent directement quand ils commandent, d’autres notent des messages d’encouragements sur les sets de table. Ça fait chaud au cœur », sourit le gérant de l’établissement.

•• Un acte de désobéissance jugé toutefois « très risqué » selon l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie-restauration (Umih).

« On comprend l’énervement des professionnels face à ces mesures parfois absurdes, notamment pour les terrasses. Puisque 40 à 50 % de la population n’a pas encore de pass, cela peut avoir des effets sur la fréquentation des restaurants », concède Jean Terlon, président du syndicat pour le département. « Mais ce n’est pas une solution que d’entrer dans l’illégalité. Les personnes qui refusent d’effectuer les contrôles ne nous aident pas dans nos négociations futures avec le gouvernement. Elles s’exposent à des sanctions particulièrement élevées. »

•• Le nombre de professionnels qui ont fait le choix de ne pas appliquer le pass sanitaire est difficile à quantifier. « Cela reste des cas isolés », assure Jean Terlon.

Par exemple, le propriétaire d’un bar-tabac toujours dans le Sud Essonne, qui n’applique pas la règle dans son établissement. Sur sa devanture, le message « Le secret médical existe. Vous êtes tous les bienvenus » est affiché.

« C’est une question de dignité humaine, on ne peut pas trier les clients », témoigne le gérant, qui assure connaître plusieurs autres professionnels dans son cas.