Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
 

Logo SeitaDans un communiqué de ce 31 mars, jour de la manifestation des buralistes contre le paquet neutre (générique) en cours d’examen à l’Assemblée nationale (voir Lmdt du 30 mars), Seita déclare partager les inquiétudes des buralistes et alerte sur la distorsion de concurrence qui va s’accroitre aux frontières et sur les risques de financement des activités terroristes.

« Après la Suisse, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie, c’est la Belgique qui a refusé la semaine dernière de mettre en place le paquet neutre. La France se retrouve maintenant complètement isolée en Europe continentale », explique Axel Gietz, Directeur des affaires corporate d’Imperial Tobacco, maison-mère de Seita, « une situation qui va démultiplier le trafic illicite alors même qu’il est prouvé qu’il nourrit les organisations criminelles. »

« Le paquet neutre est une mesure tellement contestable qu’elle a été introduite dans le projet de loi Santé par voie d’amendement et donc sans consensus, ni étude d’impact. Lors de débats houleux, la commission des Affaires sociales, le 18 mars dernier, s’est prononcée en faveur du paquet neutre, refusant de justesse le paquet Directive d’une seule voix d’avance (22 voix contre et 21 voix pour).

« Hors de nos frontières, le paquet neutre suscite également bien des réticences. Les pays limitrophes de la France ont tous écarté sa mise en œuvre sur leur territoire. L’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et la Belgique, la semaine dernière, ont décidé de se limiter au paquet uniformisé, prévu dans la Directive européenne. Ce paquet, qui respecte l’identité visuelle de la marque tout en agrandissant les avertissements sanitaires et des photos-choc à 65% des surfaces avant et arrière et 50% des côtés, s’imposera à tous les Etats-membres de l’Union à partir de mai 2016.

« Plus faciles à imiter, les paquets génériques facilitent la tâche des contrefacteurs et favorisent le développement de la contrebande et de la contrefaçon. Or, le trafic illicite est souvent lié à des réseaux plus larges (drogues, armes, trafic d’êtres humains) qui fondent le financement des activités criminelles et terroristes.

« Selon un rapport publié par le Centre d’analyse du terrorisme le 25 mars dernier, le financement des organisations terroristes à travers le monde proviendrait pour 20% du trafic et de la contrebande de cigarettes. Ceci a été confirmé par Christian Eckert, secrétaire d’État au Budget, qui a par ailleurs annoncé que les douanes sont engagées dans la lutte contre le terrorisme et que « 70 emplois seront créés à cette fin » dans les prochains mois.

« Dans ce contexte, il est utile de se demander si l’on souhaite vraiment voir prospérer le paquet neutre de cigarettes … ».