La colère des buralistes frontaliers toujours à la une de la presse régionale (voir Lmdt du 24 octobre 1, 2 et 3) alors que démarre, à l’Assemblée nationale, l’examen du Projet de Loi de Financement de la Sécurité sociale avec son volet « nouvelles taxes sur le tabac » (voir Lmdt de ce jour).
•• Gérard Vidal (président des buralistes de Midi-Pyrénées et de la commission « Marché parallèle et Contrebande » de la Confédération) : « la hausse des prix n’aura aucune incidence tant que les pays frontaliers, comme l’Andorre, continueront à alimenter le marché parallèle » (La Dépêche du Midi) ; « aujourd’hui, c’est déjà une concurrence folle … donc, ça va être la mort des buralistes français, premier commerce de proximité » (BFM TV).
•• Patrick Soihier, président de la chambre syndicale des buralistes du Bas-Rhin, et Marie-Christine Adam, trésorière de la chambre syndicale des buralistes du Haut-Rhin (photo) réclament plus de « visibilité pour la profession » et « un moratoire sur la fiscalité du tabac à rouler tant que le marché parallèle n’est pas pris en compte ».
« Imaginez l’impact d’une hausse de plus d’un euro alors que la concurrence est déjà faramineuse » déplore Patrick Sohier, « le manque à gagner fiscal dû au marché parallèle dans le Bas-Rhin est de 58 millions d‘euros par an ». Il attend « des mesures concrètes dans le Contrat d’avenir avec un filet de sécurité pour les départements en difficulté, un soutien à la modernisation et un plan de lutte national contre le marché parallèle. On s’attaque aux gros trafiquants, mais les petits trafics sont les plus nuisibles » (Les Dernières Nouvelles d’Alsace et 20 Minutes Strasbourg).
•• Jean-Michel Quintin, président de la chambre syndicale des buralistes du Tarn, revient à la charge contre « la concurrence déloyale due au différentiel du prix du tabac avec les pays frontaliers, Andorre en tête. 500 grammes de tabac à rouler coûtent 35,50 euros. En France, 170 grammes coûtent 45 euros, et ça pourrait aller jusqu’à 100 euros demain ? (…) Il demande que l’État réalise des statistiques et lutte contre les marchés parallèles (La Dépêche du Midi).
•• « La coupe est déjà pleine depuis 14 ans » assure Hervé Garnier, président de la chambre syndicale des buralistes de Meurthe-et-Moselle. « Déjà, on perd 1 000 buralistes par. Alors, qu’est-ce que ça va être si la hausse de 15 % du tabac à rouler aboutit ? On a déjà un écart de prix de 3 euros avec le Luxembourg sur une blague de 30 grammes, on va passer à 4 euros. Alors, le marché parallèle va passer de 27 à 40 %. Et, cela va être dramatique pour le réseau » (France 3 Lorraine).
•• « La mule est déjà chargée, pas la peine de l’alourdir davantage », s’inquiète Gérard Maury, président de la chambre syndicale des buralistes de l’Ariège, « pourquoi augmentent-ils les prix maintenant, sans même se soucier des conditions de vente chez le voisin ? Nous demandons un moratoire de la fiscalité du tabac à rouler tant que le marché parallèle n’est pas pris en compte » (La Dépêche du Midi).
•• « Notre chiffre d’affaires sur le tabac a baissé de 17% depuis janvier 2016 » annonce Christophe Vogelbacher, président de la chambre syndicale des buralistes du Territoire de Belfort, « notre profession a beau se diversifier, nous faisons 80 heures par semaine, de 6 h à 19 h, pour un chiffre d’affaires qui ralentit à chaque hausse des taxes sur le tabac (…) les commerçants frontaliers sont les premiers à souffrir (…) on le voit en janvier : les jeunes ont eu leurs étrennes, ils font du stock ailleurs » (L’Est Républicain).
•• « Cette hausse supplémentaire est le coup supplémentaire qui tuera le commerce de proximité » déclare Olivier Martin, président de la chambre syndicale des buralistes de Sambre-Avesnois, qui se dit « ok pour une hausse des prix, si tous les pays de l’Union européenne souvent le mouvement » (La Voix du Nord).
•• « Nous sommes attachés à la lutte contre le tabagisme, mais ces mesures sont inadaptées » constate Joël Delbove, président de la chambre syndicale des buralistes de Valenciennes, « elles mettent en danger un secteur qui souffre déjà et les fumeurs se tourneront, comme beaucoup déjà, vers la Belgique » (La Voix du Nord).




