Une quarantaine de fédérations départementales de buralistes ont appelé à la mobilisation, ce lundi 3 février, pour protester contre la vente de cigarettes et de tabac de contrebande (voir 3, 2 et 1 février)
« Ce n’est pas un mouvement lancé par la Confédération nationale des buralistes », a tenu à préciser à l’AFP son président Philippe Coy.
« Ce sont des fédérations qui souhaitent se mobiliser pour dénoncer (…) ce marché parallèle qui est aujourd’hui une des sources aussi d’insécurité du réseau. Je comprends et partage l’angoisse de mes collègues, et je comprends leur expression », a souligné Philippe Coy.
•• À Paris, une cinquantaine de buralistes franciliens se sont rassemblés à côté de l’Assemblée nationale à midi, équipés de casquettes orange et de tracts présentant le tabac de contrebande comme un « véritable fléau ».
« Notre ministre de la Justice annonce beaucoup de mesures contre les narcotrafiquants, mais ne mentionne même pas les trafiquants de tabac » a déploré Albert Tekok, propriétaire d’un tabac dans le centre de Paris.
La contrebande, « c’est une concurrence directe » pour Djafri Arab, gérant d’un tabac dans le 19ème arrondissement. « Il y a deux points de vente illégaux juste à la sortie de mon commerce », l’un « à la sortie du métro » et l’autre « sur un banc », où s’installent des vendeurs hors-la-loi, précise-t-il. Il a expliqué à l’AFP avoir perdu « 25 à 30% de chiffre d’affaires entre 2023 et 2024 », comme plusieurs buralistes interrogés lors de ce rassemblement.
« Quatre fumeurs sur dix se fournissent ailleurs que dans nos commerces », a estimé depuis le rassemblement parisien Philippe Alauze, à la tête de la fédération des buralistes d’Île-de-France.
•• « Ce n’est pas une politique de santé anti-tabac que d’augmenter le prix des cigarettes, ce n’est pas dissuasif, ça ne fait qu’encourager le trafic », a déclaré de son côté Frédéric Pailhé, président de la fédération des buralistes de Haute-Garonne.
Dans ce département frontalier de l’Espagne et voisin de la principauté d’Andorre, la concurrence est rude. Il estime que 40 à 45% des cigarettes consommées dans la région ont été achetées en dehors des bureaux de tabac français. « Le paquet est à 13 euros dans mon tabac, 5 euros en Andorre, 6 en Espagne, plus de 100% d’écart », s’est désolé ce buraliste du centre de Toulouse.




