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4 Fév 2025 | Profession
 

•• Puy-de-Dôme : À l’instar de leurs collègues dans de nombreuses villes (voir 3, 2 et 1er février), une trentaine de buralistes se sont retrouvés, à Clermont-Ferrand ce lundi, devant le bureau de tabac où Gabriel Attal (au titre de ministre des Comptes publics à l’époque) avait annoncé que « la peur devait changer de camp ».

« On s’aperçoit que nos ventes ont diminué de moitié en 10 ans » a expliqué Vincent Charbonnel, président de la Fédération des buralistes du Puy-de-Dôme à cette occasion sur Ici Auvergne. « Les volumes ont diminué de moitié. En 2024, vous avez une baisse des volumes de 11,5 % au niveau national et au niveau du Puy-de-Dôme ».

Et Vincent Charbonnel d’insister : « l’an dernier, on a eu 40 cambriolages. 40 collègues qui ont été cambriolés sur un total de 300, donc plus de 10 % des collègues … Et on s’est aperçu que le fruit des cambriolages, donc le tabac, était revendu dans la rue à la sauvette. »

•• Bas-Rhin. À Strasbourg, le rendez-vous était donné sur le pont de l’Europe. Un endroit symbolique pour les buralistes strasbourgeois puisqu’il relie la capitale alsacienne à Kehl : 12 minutes de tram et un paquet à 8,20 euros.

« Pour nous, buralistes frontaliers, le fléau c’est cette différence tarifaire de plus de 5 euros », explique Thierry Moreno, président de la fédération des buralistes du Bas-Rhin. « Chaque hausse des prix est un coup de poignard supplémentaire. Si nous étions une entreprise type PME, tout le monde prêterait attention à nous, mais nous sommes des indépendants : tout le monde s’en fout » a-t-il déclaré à France 3 Grand Est.

•• Allier. Une vingtaine de buralistes ont répondu à l’appel de la fédération départementale. C’était le cas devant un tabac-presse, à Yzeure, en présence du maire Pascal Perrin.

« Il y a un ras-le-bol général de la profession. On ne peut plus se contenter des discours politiques de bienveillance. Il faut agir face au marché parallèle qui se banalise, s’installe de manière pérenne. Mais, on a l’impression que tout le monde s’en fout… » a déclaré Laurent Mazal, président départemental, dans La Montagne.

« La politique de santé de l’État doit être repensée. On aimerait une prise de conscience de nos parlementaires sur le sujet. Il faut arrêter l’hémorragie, la banalisation du trafic et rappeler que le tabac de contrefaçon, ce sont des réseaux mafieux, qu’il n’y a aucun suivi sanitaire. On parle de points de deal pour vendre du tabac, c’est la même chose que pour la drogue. »

•• Hérault / Montpellier. Ce lundi 3 février, un peu avant midi, une trentaine de buralistes se sont rassemblés à Plan Cabanes dans le quartier Gambetta à Montpellier, à quelques mètres de vendeurs à la sauvette, pour dénoncer la vente massive de tabac illicite. Face à cet essor du marché parallèle, la fédération des buralistes de l’Hérault réclame un plan d’urgence.

« La peur change de camp. Les trafiquants doivent être traqués sans relâche », insiste Jérémy Pézières dans La Gazette de Montpellier. « Je tiens toutefois à féliciter le préfet qui, en 2024, a ordonné 101 fermetures administratives pour des lieux qui vendaient du tabac illégalement ».

•• Gard. Ghislaine Mazoyer, présidente gardoise de la Fédération des buralistes, appelait ses collègues gardois à manifester ce lundi 3 février au matin devant le rond-point du Sernam, rue Vincent-Faïta à Nîmes.

« Un quartier gangréné par la contrebande comme bien d’autres, Clos d’Orville, Jean-Jaurès ou Général-Leclerc à Nîmes mais aussi à Alès et dans les villages » …

« La volonté de diminuer la consommation de tabac en augmentant les prix est louable. Mais les consommateurs se tournent vers le marché illégal contrôlé par une mafia et c’est l’effet inverse qui se produit : ils consomment davantage. Des buralistes ferment et c’est parfois le dernier commerce d’un village qui disparaît … » déclare-t-elle dans La Gazette de Nîmes. 

•• Occitanie. « Il faut un moratoire sur les prix, » affirme le président de la fédération des buralistes de Haute-Garonne, Frédéric Pailhé. « Moi je n’en veux pas aux clients, je les comprends. Quand chez moi le paquet est à 13 euros, et qu’à une heure de route il est à 5 euros… C’est humain », déplore celui qui assure perdre 50 à 60 clients par jour à cause de cette différence de prix avec l’Espagne ou Andorre.

« Chaque année, en Haute-Garonne, on perd au moins un petit village. Il y a au moins une commune où le dernier bureau de tabac, souvent le dernier commerce, disparaît. ».

Même en Aveyron, département plus éloigné de la frontière. Jean-Michel Dexidour, président des buralistes aveyronnais, détient le « triste record d’Occitanie » avec 10 fermetures de bureaux de tabac en 2024.

« La peur doit changer de camp », conclut Frédéric Pailhé. « Les buralistes refusent de voir leurs commerces devenir des vitrines désertées. Nous ne resterons pas spectateurs impuissants face à notre propre disparition. »

•• Gironde. Les buralistes se sont mobilisés devant la gare de Bordeaux, revêtu des ponchos rouges pour attirer les regards. « On demande à la fois un moratoire fiscal pour traiter le problème des prix sur la zone transfrontalière, et celui du marché de la contrefaçon qui est un fléau considérable au niveau sociétal, sanitaire et économique », fait valoir Antoine Bairras, président départemental dans 20 minutes.

Pour lui, il faut agir pour tarir l’approvisionnement des revendeurs et cela passe par une implication de la justice. « Le travail des douaniers est déjà très bien fait, mais il faut aussi, derrière, un travail des magistrats qui doivent diligenter des enquêtes et donner les moyens à la police judiciaire de remonter ces réseaux (épiceries de nuit, vendeurs à la sauvette, barber shop, réseaux sociaux etc.) », ajoute-t-il.