La plupart des clients n’y font pas vraiment attention : le dispositif – caméra avec intelligence artificielle – chargé d’estimer l’âge des clients est présent chez certains buralistes de l’agglomération de Besançon (voir 30 janvier 2025).
« Ça reste une machine » prévient dans L’Est Républicain, un buraliste, « elle n’est pas infaillible, mais elle se trompe quand même rarement. » Lui, en tout cas, se dit très satisfait. Au point de faire du prosélytisme auprès de ses collègues à qui, dit-il, il « recommande » cet équipement.
On s’étonne : pourquoi ne pas simplement demander ses papiers au client en cas de doute sur son âge ? Pourquoi avoir besoin d’une machine ? Parce que, visiblement, demander une pièce d’identité n’est pas toujours simple : les gens peuvent se froisser, ergoter : « ça clôt la dispute entre le commerçant et le client », résume-t-il.
Lui dit avoir décidé de s’équiper parce qu’il en avait « marre des petits jeunes » qui essaient d’arnaquer les buralistes, « marre qu’ils présentent des fausses cartes d’identité », « un gros fléau » depuis quelques années. « Et puis on est dans un État de droit avec des obligations. Nous, buralistes, on a un contrat de gérance avec les Douanes : on se doit d’être conformes à la législation. »
Le commerçant, en tout cas, ne prend pas ses clients en traître : plusieurs affiches annoncent la couleur : « Physiquement, vous paraissez avoir entre 15 et 25 ans. Vous êtes susceptibles d’être amené à présenter une pièce d’identité pour tout achat FDJ ou tabac ou article fumeurs. » Une affichette jaune a également été placardée à l’entrée du bureau de tabac. Elle précise que l’établissement est équipé d’un vérificateur d’âge.
Ce type de dispositif qui coûte « environ 500 euros » selon le buraliste (mais qui ne nécessite aucun abonnement) pourrait se généraliser : plusieurs commerces de l’agglomération en sont déjà dotés – ils seraient près de 300 en France – et la fédération des buralistes d’Île-de-France a récemment lancé une expérimentation : une quinzaine de buralistes testent le dispositif depuis décembre (voir 13 décembre 2024).




