
Sur la route des vacances : pourquoi nos comportements changent au volant ?
Ou dit autrement, pourquoi jette-t-on plus facilement un déchet depuis sa voiture que dans sa rue ? Nous reprenons le message d’Aude Guiomar (directrice générale de Gestes Propres / voir les 2 février et 21 janvier 2026) publié récemment sur LinkedIn.
Un groupe d’étudiants a travaillé avec l’équipe Gestes Propres sur les freins psychosociaux spécifiques au milieu routier. Leurs conclusions sont éclairantes : être au volant change profondément notre rapport à l’espace… et à la responsabilité.
La route, un « non-lieu »
Contrairement à un quartier ou un parc, la route n’appartient à personne.
Pas d’attachement, pas d’ancrage = moins de responsabilité ressentie.
L’effet bulle de l’habitacle
La voiture isole, on ne se sent pas observé.
Moins de contrôle social = plus de désinhibition.
La surcharge cognitive
Conduire mobilise l’attention : vitesse, trafic, GPS.
Dans cet état, le cerveau privilégie l’automatique et l’immédiat.
Le déchet devient un « problème secondaire » = à régler vite.
Le principe de l’effort minimal
Garder un déchet dans un espace restreint est perçu comme inconfortable.
Le geste le plus simple = s’en débarrasser.
La disparition visuelle = disparition morale
Quand on roule, le déchet jeté sur le bord de route disparaît instantanément du champ de vision. Ce qui n’est plus visible = psychologiquement moins engageant.
La délégation implicite
Sur autoroute payante, certains considèrent que « le péage finance le nettoyage ». La responsabilité est transférée aux services d’entretien.
Ces mécanismes doivent être pris en compte pour agir plus efficacement dans ce contexte particulier « de bord de route » :
- messages adaptés à une situation de conduite,
- dispositifs pensés pour l’intérieur du véhicule (il existe des poubelles de voiture),
- rappels situés aux bons moments du parcours,
- revalorisation de la norme sociale même en situation d’anonymat.
En période de vacances, rappelons que la route est un espace partagé, et que chaque geste compte !
1 automobiliste sur 5 admet avoir jeté un déchet par la fenêtre sur l’autoroute, mais ce n’est pas une fatalité.
(Voir aussi le 16 juillet 2025)




