Billet d’humeur dominical, dans le « blog de penaguin » (publié sur le site de Médiapart), sur la double actualité concernant le tabac de la semaine : le vote par le Parlement européen d’une Directive Tabac « d’essence prohibitionniste » (voir Lemondedutabac du 26 février) et le rapport de la commission des Affaires sociales du Sénat préconisant une augmentation du paquet de cigarette (voir Lemondedutabac du 27 février ) .
Cela débute fort. « La déclaration outrancière propre à un individu isolé en proie à des accès de paranoïa psychotique »… de Jacques Attali en 2010 – demandant, en l’occurrence, l’interdiction pure et simple du tabac – est en train de devenir la logique des politiques en cours. Et de poser, à dessein, une question provocatrice : « est-il vraiment légitime que l’Etat se préoccupe de la santé des citoyens ? »
Car on est loin du rôle de l’Etat, tel que l’estime le signataire : protéger chaque individu contre les agressions d’autres individus mais, en aucun cas, protéger l’individu contre lui même : « la volonté, de la part de l’Etat, de protéger l’individu contre lui-même et de l’empêcher de se faire du mal est, par essence, totalitaire ».
D’où « la grande hypocrisie qui caractérise l’utilisation par les politiques du mot pédagogie » pour des mesures de nature prohibitionnistes. Mais qu’y a-t-il de préventif ou de pédagogique « dans le fait d’augmenter le prix du paquet de cigarette jusqu’à un seuil prohibitif ou dans le projet d’imposer des images de poumons cancéreux couvrant les trois-quart des paquets de cigarettes ? Cela s’appelle de la propagande et de l’intimidation » tranche Penaguin.
L’argument du coût économique pourrait justifier une politique gouvernementale de lutte contre le tabac … Mais alors, pourquoi ne pas prohiber toutes les conduites à risque, à commencer par la consommation d’alcool ? Et surtout, fait remarquer Penaguin, « le remboursement des soins médicaux n’est pas un cadeau que nous fait l’Etat dans son infinie mansuétude. Nous cotisons toute notre vie et le remboursement des soins de santé n’est pas un privilège ».
« Cette politique de lutte contre le tabac participe d’un processus d’infantilisation de plus en plus marqué. On ne cesse de célébrer les vertus du citoyen libre, autonome et responsable et, dans le même temps, on ne cesse de prendre des mesures fondées sur le postulat que l’individu n’est pas responsable et n’a pas à l’être ».




