Une interview de la rapporteure de la commission ENVI du parlement européen , Linda McAvan , dont on connait les positions dures (voir Lemondedutabac des 10 juillet, 11 juillet et 26 juin), fait le tour de l’active communauté des blogueurs de l’e-cigarette . Elle a été réalisée par un blogueur, engagé dans la cause des « vapoteurs » outre-Manche, et se trouve reprise sur le blog Ma-cigarette.
Au préalable, rappelons que la Commission Envi (Environnement / Santé) du parlement européen propose que la cigarette électronique entre, purement et simplement, dans la réglementation pharmaceutique. Ce qui correspond à un renforcement du texte initial de la Commission qui était déjà assez dur : faire entrer dans le domaine pharmaceutique les produits présentant à partir de 4 milligrammes par millilitre de nicotine (voir Lemondedutabac du 30 juillet).
En fait, l’euro-députée travailliste Linda McAvan semble très influencée par l’opinion de l’agence britannique de sécurité des médicaments (MHRA) qui a annoncé, en juin, le classement de l’e-cigarette comme médicament. A partir de 2016.
Mais dans l’interview, elle évoque la notion (plutôt floue …) de « cadre pharmaceutique souple » : « notre amendement 57 propose de réglementer les cigarettes électroniques dans un cadre pharmaceutique souple. J’ai émis des réserves sur la classification en tant que pur produit pharmaceutique, parce que cela aurait impliqué des tests cliniques complets ». En gros, on passe du produit pharmaceutique au produit parapharmaceutique …
Sur le rôle de la cigarette électronique : « je suis convaincue que la cigarette électronique est une aide précieuse à tous les gros fumeurs ( …) Ce n’est pas du tout mon intention d’enlever ces produits du marché ».
Sur les investissements que représente un processus d’agrément comme produit pharmaceutique : « beaucoup de professionnels ont exagéré sur les montants qu’une mise en conformité pharmaceutique demandait. Ils se battent contre la législation parce qu’ils ne veulent pas payer ». N’empêche que le marché risque bien de se fermer : entre « gros » investisseurs de l’industrie pharmaceutique ou même du tabac.
Sur les délais : « une directive est un cadre légal qu’il faut ensuite adapter à chaque législation des États membres et cela prend du temps (…). La directive (dans sa version définitive) sera probablement écrite avant Noël mais ne prendra effet (par exemple, au Royaume-Uni) que deux ou trois ans après ». Le marché aura sensiblement évolué, d’ici là.




