Dans un entretien avec L’Express.fr , le lobbyiste Thierry Costes (ancien secrétaire général de Chasse – Pêche – Nature et Tradition) ironise sur la naïveté des « révélations » du Parisien quant au « fichage des eurodéputés par Philip Morris » (voir Lemondedutabac du 21 septembre). Extraits d’une vision normale du lobbying.
« Ces fiches sont la base du travail de tout lobbyiste et même de tout journaliste. C’est une pratique ancienne, dont je ne comprends même pas pourquoi elle fait la Une d’un quotidien. Ça montre que nous n’avons toujours pas compris ce qu’était le lobbying dans ce pays.
« Heureusement que nous nous renseignons sur les personnes que nous rencontrons et pas uniquement en allant sur Wikipedia… Je travaille tous les jours avec des parlementaires, des ministres. Je me dois de savoir ce qu’ils pensent, si leurs positions ont évolué … J’enquête, j’ai besoin de tout savoir, de tout comprendre, d’avoir des infos confidentielles. Comme les journalistes.
« Mais, en France, on a une vision hypocrite du lobbying. Prenez l’actuelle réforme sur les règles d’accès des représentants d’intérêts à l’Assemblée nationale (badge valable une seule journée et seulement en cas de rendez-vous avec un élu) … Cette réforme est une caricature! On nous dit qu’il faut une traçabilité complète de nos activités à la minute.
« C’est plus simple à Bruxelles. Le lobbyiste ne trompe personne au Parlement européen. Tout est clair. Le député, le collaborateur, le lobbyiste, chacun a son badge».




