Comme prévu, l’article du Parisien (voir Lemondedutabac de ce jour) suscite force reprises médiatiques (BFM TV, i >TELE, France 2, radios), etc. Conformément à la loi du genre, les rebonds sont encore plus outranciers.
On présente maintenant comme « liste noire » … des notes internes de Philip Morris International contenant une simple analyse (sous forme de tableau) des opinions des eurodéputés par rapport à la Directive tabac. Les initiés appellent cela un « maping ». Comme peut le faire n’importe quel consultant – ou journaliste – sur n’importe quel sujet politique. Mais là, il s’agit de tabac et donc, tout prend un tour forcément scandaleux !
On met en avant des budgets de « lobbying » saisissants. Sans préciser que ces chiffres sont donnés par Philip Morris lui-même – qui s’est déjà expliqué sur sa communication à Bruxelles (voir Lemondedutabac du 9 septembre) – et portent sur plusieurs années pour l’ensemble de la Communauté européenne. Le sérieux journalistique consisterait à comparer ce chiffre avec ceux de tous les grands groupes industriels intervenant à Bruxelles. Y compris les groupes pharmaceutiques. Ceux que connait bien Françoise Grossetête qui a essayé – en vain – de réglementer les ventes de produits pharmaceutiques sur internet …
En fait, il faut voir derrière tout cela une campagne des anti-tabac, furieux du report au 8 octobre du vote de la Directive tabac en séance plénière (voir Lemondedutabac du 5 et 6 septembre). Tout simplement parce que nombre d’eurodéputés se posent, avec raison, des questions sur la pertinence de certaines dispositions de la Directive (des paquets quasi génériques au classement de la cigarette électronique en produit pharmaceutique). Il faut donc, pour les anti-tabac, annihiler tout esprit critique par le biais de cette « terreur médiatique ». Dont le leitmotiv est : « si vous êtes contre le projet de Directive tabac, c’est que forcément vous êtes sous influence de l’horrible lobby du tabac ».
Pourtant, il n’y a aucune raison de se laisser impressionner.




