Le doute s’installe (un peu plus) à la lecture des quotidiens régionaux, après l’annonce de nouvelles règles pour l’importation du tabac par les particuliers (voir Lemondedutabac du 15 mars). Au regard des différences d’interprétation sur les intentions réelles des pouvoirs publics … on voit qu’aucun message fort n’est vraiment passé.
• Sud Ouest, sous le titre « Tabac : les quotas ont la vie dure », estime que la France, en conservant le « plafond » de dix cartouches, montre une attitude révélatrice du peu de cas fait à la décision de la Cour européenne de justice. De toute façon, pour le quotidien, les quotas n’ont pas empêché l’explosion du trafic.
• La Voix du Nord (« Les buralistes furieux d’être enfumés ») met le doigt sur les menaces pesant sur les buralistes frontaliers de la région, avec le témoignage du directeur adjoint des Douanes : « on a quelques demandes d’ouverture de tabac, mais sauf exception, on refuse, ce ne serait pas raisonnable économiquement de les laisser ouvrir ». Un peu plus loin, son supérieur, le directeur régional des Douanes, confie que les achats frontaliers par des particuliers… ne sont pas la priorité de ses services : « c’est vraiment à la marge. Le type ne va pas transporter plus de dix cartouches alors que les frontaliers peuvent y aller à pied ! Cette circulaire ne changera rien pour nous. Ça ne nous empêchera pas de chercher les grosses fraudes ».
• Le Bien Public donne la parole à Yves Bur, ex- député du Bas-Rhin et dont on connaît l’engagement : « reste que les contrôles douaniers n’ont jamais fait baisser le tabagisme. Et cela n’a jamais été une priorité pour les douanes ».
• Le Midi Libre, reprenant le communiqué de Bercy, est le seul à y voir une « sévérité aux frontières ».
• « Pas de calumet de la paix entre la France et l’Union européenne » estime Le Progrès, avec l’analyse suivante : « parallèlement à des contrôles douaniers renforcés, la France va essayer de reprendre la main en défendant, dans les négociations en cours sur la directive « tabac », un durcissement du droit communautaire en s’appuyant sur la dangerosité du produit ». Ce à quoi, là aussi, Yves Bur répond : « Et si ce n’était que pour calmer les buralistes et préserver les recettes fiscales ? En matière de santé publique, le plus efficace serait un prix du tabac unique et élevé en Europe. Mais là, on s’attaque à la question épineuse de la fiscalité européenne ».
• « De la grogne à la pétition » : L’Union prend le pouls des buralistes, des plus découragés (« Ils sont en train de nous mettre au chômage et encore on n’y a pas le droit, étant à notre compte ! ») aux plus optimistes (« Savez-vous que la pétition a déjà recueilli 3,5 millions de signatures ? »).
• Le Républicain Lorrain est parti recueillir les réactions des points de vente, de l’autre côté de la frontière … au Luxembourg. L’un des gérants de station-service pense que la décision de la Cour de justice aura des répercussions sur les clients : « ils ont décidé de mettre la France à l’amende, cela risque de changer les choses. J’ai entendu à la radio qu’il y aurait davantage de contrôles douaniers, que les amendes seraient plus élevées. La fréquence de passage de nos clients pourrait varier. Au lieu de venir acheter leurs cigarettes une fois par mois, ils passeront une fois tous les trois mois ».




