Écrivain au long cours et hors des sentiers battus, Simon Leys s’en est allé, lundi dernier le 11 août, à 79 ans. Auteur des « Habits neufs du président Mao » qui lui valut, en son temps, l’opprobre des tenants d’une certaine pensée dominante (ils s’en sont repentis depuis), il lui arrivait plus qu’à son tour de pourfendre le conformisme du discours hygiéniste et anti-tabagique ambiant.
Pour preuve, ces courts extraits du « Bonheur des petits poissons : lettre des antipodes ».
• Il y a juste 250 ans, Samuel Johnson avait vu juste : « à mesure que l’usage du tabac diminue, l’insanité augmente ». Les fonctionnaires zélés qui, sur les affiches d’une exposition parisienne consacrée à Sartre, ont censuré le tabagisme de ce dernier en effaçant sa perpétuelle cigarette, ont seulement réussi à susciter une hilarité planétaire.
• « Le tabac est pour l’homme un poison des plus dangereux ». Cette vertueuse mise en garde est devenue assez banale, me direz-vous. Ce qui l’est moins – et qui devrait donner à réfléchir – c’est l’identité de celui qui la formulait : Adolf Hitler.
• Je pense, que – alors même que je ne fume plus guère maintenant – chaque fois que le choix m’en est offert, d’instinct, j’opte toujours pour la section fumeurs dans les lieux publics : la compagnie y est plus sympathique.
Simon Leys qui s’était établi en Australie avait toujours de nombreux projets dont celui de faire « une anthologie littéraire et picturale célébrant le tabac ».




