La revue médicale British Medical Journal (BMJ) vient de faire savoir que moins d’un adulte sur cinq est encore fumeur en Angleterre. Un déclin continu encourageant, d’ après deux chercheurs de l’University College London, qui estiment cependant qu’il « reste encore beaucoup à faire … ».
« Pour la première fois, en probablement 80 ans, la fréquence du tabagisme en Angleterre est tombée au-dessous de 20% » concluent ces chercheurs à partir du bilan d’un programme national d’évaluation sur la fréquence du tabagisme dans la partie sud du Royaume-Uni, mis en place il y a sept ans. D’après les résultats du questionnaire mensuel réalisé dans ce cadre, 19,3% des personnes déclaraient fumer en 2013.
La baisse aurait été légèrement plus élevée (0,8 point) que la moyenne annuelle relevée depuis les années 70 (0,6 point), période à laquelle a commencé le déclin du tabagisme en Angleterre. Nos chercheurs soulignent que l’Angleterre rejoindrait, ainsi, deux autres pays sous la barre symbolique des 20% de fumeurs : les Etats-Unis et l’Australie « qui a instauré récemment les paquets neutres et qui est à 16% ».
Il apparaît que la stratégie de lutte contre le tabagisme menée depuis de nombreuses années, outre-Manche, porte ses fruits. Une politique spécifique actionnant toujours plusieurs leviers à la fois : éducation, médecine, recherche, réglementation, prix et accompagnement social.
L’arme des « prix forts » n’est intervenue que plus tardivement, avec son « effet boomerang » en terme de marché parallèle (voir Lemondedutabac du 23 octobre 2012). Quant à la dernière mesure forte – la mise en place progressive de la suppression des linéaires (voir Lemondedutabac du 6 avril 2012) -, elle est encore trop récente pour en tirer des conclusions en termes de prévalence.
Un bémol, toutefois. Il y a quelques mois, une étude s’inquiétait de la prévalence des jeunes britanniques : 10% des 11-15 ans fumant quotidiennement ; 170 000 adolescents commençant à fumer chaque année en Angleterre (voir Lemondedutabac du 12 décembre).
Autre bémol. Les chercheurs semblent faire preuve d’une certaine précipitation quant au « modèle » du paquet générique australien. Les autorités australiennes en restent encore à leur étude au long cours (d’avril 2012 à décembre 2014) pour mesurer les impacts réels en terme de prévalence. D’ailleurs, le gouvernement britannique a décidé de reporter son projet de loi sur l’instauration des paquets neutres, faute d’éléments d’analyse (voir Lemondedutabac du 12 juillet 2013).




