« Ce qui est vrai pour le tabac, l’est aussi pour l’alcool, le cannabis et ces autres palliatifs à la vie réelle que sont les écrans » : Le Parisien/Aujourd’hui en France de ce samedi 2 septembre annonce, en une, un dossier significatif sur les jeunes et les « addictions ». Le sujet de la prévention – de son organisation et de son efficacité – y est débattu.
•• Trois livres coup de poing en cette rentrée, l’annonce d’un « plan d’éducation à la santé » – notamment sur l’alcool – ce jeudi par la ministre de la Santé … Le Parisien/Aujourd’hui en France rebondit ainsi sur les « addictions qui flambent chez les adolescents dans l’Hexagone ».
Le coup de projecteur est mis sur la biture express des étudiants, sur des applis pour portable avec des jeux à boire, ou sur le « podium » de la France en matière de consommation du cannabis …
•• « La culture de la sensation, de la compétition systématique crée une pression sociale sous-estimée », analyse Jean-Pierre Couteron (président de la Fédération Addiction et psychologue), « dès le plus jeune âge, nos enfants sont exposés à l’intensité. Ils sont sur-stimulés. Les écrans qui les isolent sont souvent la première dépendance, de laquelle peuvent en découler d’autres … bien aidées par les puissants lobbies du tabac et de l’alcool. »
•• « La prévention telle qu’elle existe aujourd’hui en France est inefficace » tranche le psychiatre Laurent Karila, « les jeunes connaissent les dangers et ils s’en foutent ».
Le docteur préconise de miser sur les jeunes qui parlent aux jeunes, avec des patients-experts qui pourraient intervenir dans les établissements, dès le collège. « Aucune concertation ne marchera si les jeunes n’en sont pas au cœur. On doit entendre ce qu’ils ont à nous dire pour mieux lutter ». Un peu comme ces non-fumeurs ou ex-fumeurs donnant des conseils de sevrage aux fumeurs (ndrl).
•• Amine Benyamina (président de la Fédération française d’addictologie) a envoyé son ouvrage « Comment l’alcool détruit la jeunesse » à Agnès Buzyn et au ministre de l’Éducation afin de tirer la sonnette d’alarme sur des statistiques globales trompeuses concernant la consommation d’alcool. « L’alcool touche de plus en plus de jeunes et notamment les filles. Avant, vous pouviez dire : les addictions à l’alcool, c’est les quinquas ; aux joints, les ados ; aux médicaments les femmes. Aujourd’hui, c’est faux. » (voir Lmdt du 1er septembre).
•• Mais c’est avant tout l’éditorial de Jean-Marie Montali qui pose le problème simplement : « Ce qui est vrai pour le tabac l’est aussi pour l’alcool, le cannabis et ces autres palliatifs à la vie réelle que sont les écrans. Il n’y a pas à tortiller : l’addiction est dangereuse, notamment chez les plus jeunes, où elle trahit à coup-sûr un malaise psychique ou un mal-être qui peut être dévastateur. L’adolescence, c’est l’âge où l’on se construit, où l’on grandit vers l’âge adulte (du latin adolescere). C’est aussi l’âge où, pour une raison ou une autre, on peut décliner (du latin abolescere) jusqu’à se détruire. »




