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30 Déc 2014 | Profession
 

Europe 1Une heure consacrée, ce lundi 29 décembre dans le « Grand Débat » d’Europe 1 , à un sujet qui fait toujours le buzz : « faut-il augmenter le prix du tabac pour lutter contre le tabagisme ? ». Pour en parler, Cyrille Geiger, président de la fédération des buralistes Paris-Nord et Mathieu Pechberty, journaliste au Journal du Dimanche et auteur de « L’État accro au tabac ». Confrontations de points de vue …

• Mathieu Pechberty ne change pas de ligne directrice tout au long du face-à-face : « L’État n’a pas intérêt à ce que les fumeurs arrêtent de fumer ». La hausse des prix du tabac en France ? : « c’est un simple partage des recettes à trois ». Mais il reste convaincu que le levier du prix est un mécanisme efficace dans une politique anti-tabac, comme l’a démontré, selon lui, la vague de hausses des années 2003, suite au Plan Cancer de Jacques Chirac.

• Vision totalement différente côté buraliste. Cyrille Geiger rappelant que «  le buraliste subit ce que veut l’État, en tant que préposé de l’État. Nous ne décidons ni du prix d’achat ni du prix de vente et nous devons faire avec … nous nous sommes manifestés récemment lorsque nous avons eu le sentiment que l’État allait trop loin et mettait en péril encore plus nos entreprises ».
Sur les hausses :
« Il m’est difficile d’entendre que les hausses sont indolores alors que, depuis dix ans, elles ont conduit à un des prix les plus élevés de l’Europe continentale, avec une baisse de la consommation officielle et surtout une explosion du marché parallèle … Parce que toute la problématique de l’Etat, c’est : est-ce qu’on augmente le prix, au risque d’avoir une vraie machine à structurer les ventes parallèles ? Ou est-ce qu’on veut être raisonnable ? Et nous estimons qu’on ne l’est pas encore assez, par rapport à des pays frontaliers qui sont très agressifs par rapport au prix du tabac ».

• Mathieu Pechberty, préférant éluder le phénomène du marché parallèle : … « on voit bien qu’en France, quand on parle de tabac, on revient systématiquement à des arguments qui sont financiers. Mais le tabac c’est un mort toutes les sept minutes … Il faut savoir ce qu’on veut. L’État sous couvert de politique de santé publique, qui est souvent très inefficace, laisse prospérer un marché très lucratif pour lui ».

• Rebond insistant de Cyrille Geiger : « puisque 1 paquet sur 4 n’est pas acheté dans le réseau légal, le levier de la pression fiscale pour faire baisser la prévalence tabagique est inopérant. Est ce que le levier fiscal est le bon pour faire baisser la prévalence, au-delà des recettes fiscales ? ».

Le ton va monter de quelques degrés sur la non-augmentation de la fiscalité du tabac de janvier. Mathieu Pechberty reprenant quasiment les arguments de Michèle Delaunay : « les buralistes ont gagné la partie … on a mis en vis-à-vis la santé des Français et le poids économique des buralistes ». Mais remise au point de Cyrille Geiger : « nous avons œuvré contre l’amendement de Michèle Delaunay qui voulait augmenter par 2,5 le prix des cigarillos, hausse qui n’avait rien à voir avec une politique de santé publique. Quand à la non-augmentation de janvier, c’est juste la remise en cause de l’automaticité. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas d’augmentation des prix, cela veut dire qu’elle ne sera pas automatique ».

On notera également leur opposition sur la cigarette électronique … Le buraliste défendant l’intérêt de celle-ci en terme de moindre nocivité sur la santé. Le journaliste estimant que cela ne réglait aucunement l’addiction.

Dialogue de sourds, vous avez dit ?