En l’attente des décisions du CCE extraordinaire de Seita (voir Lemondedutabac du 14 avril), l’AFP dresse le « portrait » d’une filière française du tabac en contraction, des planteurs aux fabricants …
• Fabricants
Ancienne régie publique française, la Seita est la seule entreprise qui fabrique des cigarettes sur le sol français. Et malgré l’expiration du monopole en 1976, la Seita a conservé un monopole de fait. Philip Morris, BAT et JTI importent leurs marchandises.
Lutte contre le tabagisme, hausses de tarifs, concurrence de la cigarette électronique, l’activité est en déclin et durablement, comme l’ont confirmé les chiffres du 1er trimestre (voir Lemondedutabac du 15 avril).
Même si le chiffre d’affaire de l’industrie du tabac est resté stable en 2013, à 17,8 milliards d’euros, c’est la première fois depuis 2005 que la baisse des volumes n’est pas compensée par une hausse en valeur. Depuis 2005, les ventes de cigarettes, tabac à rouler et autres tabacs, sont ainsi passées de 64 771 à 58 309 tonnes.
• Tabaculteurs
Sixième producteur de l’Union européenne (8 820 tonnes de tabac blond en 2013), la France ne compte plus que 1 421 exploitations et environ 7 000 salariés, (contre 4 269 exploitations et 16 000 employés en 2003).
Pour François Vedel, président de France Tabac, « ce n’est pas, comme on pourrait le croire, un problème de marché : l’Europe produit 20% de ses besoins, on pourrait donc produire plus. Le problème, c’est la rentabilité de la culture ». La culture du tabac souffre de la baisse globale du nombre des agriculteurs, mais aussi du fait qu’elle est très intensive en main d’oeuvre, entraînant des coûts trop importants avec la baisse des aides publiques. La pérennité se fera au prix de restructuration … (voir Lemondedutabac du 28 mars).
La désaffection des consommateurs envers le tabac brun, important en France, aurait aussi joué un rôle dans la chute de la production.
• Buralistes
Ils ne sont plus que 26 000. Soit 5.000 de moins qu’en 2004 et 720 commerces ont disparu en 2013. Pour Pascal Montredon, président de la confédération des buralistes, la hausse des prix entraîne une augmentation des achats sur internet ou à l’étranger, sans pour autant faire reculer le nombre des fumeurs : « la fermeture de l’usine de Seita est la preuve par neuf de ce que nous répétons depuis des années. On ne fait pas baisser le nombre de fumeurs, mais fermer des entreprises ».




