L’affaire n’est pas nouvelle, nous prévient le signataire (« Benoit ») d’un article publié sur le site Agoravox le 28 juillet. Mais, elle fournirait rétrospectivement « une saveur particulière au combat menée par la ministre de la Santé contre la cigarette électronique ».
• Dans un article publié le 8 août 2012, Le Canard Enchaîné révélait l’appartenance de la ministre au club Avenir de la Santé, un « groupe de pression » financé par GlaxoSmithKline (GSK), multinationale aujourd’hui numéro 7 de l’industrie pharmaceutique mondiale, spécialisée dans la production de patchs à la nicotine. « Cercle d’échange et de réflexion sur l’ensemble des questions liées à la santé », le club Avenir de la santé rassemble des scientifiques renommés, des politiques impliqués dans la santé, des universitaires, des économistes, des représentants de diverses institutions, etc. avec pour objectif de « proposer des solutions concrètes et novatrices pour préparer l’avenir de la santé en France ».
• « On s’en doute, sous ses nobles apparences, ce club constitue en réalité un réseau d’influence (…), un lieu privilégié où se mêlent les personnalités du monde des affaires et du secteur public sans que l’on connaisse exactement la nature et la portée des liens ainsi tissés. Ce qui ouvre grand la porte à toutes sortes de soupçons », estime Benoit …
« … Il se trouve que la branche « Santé grand public » de GSK fabrique NiQuitin, un substitut nicotinique vendu sans ordonnance en pharmacie pour aider les fumeurs à laisser tomber la cigarette. D’où son intérêt pour les initiatives européennes visant à limiter la consommation de tabac.
• « GSK a participé au financement [des voyages des parlementaires]. Cela n’a rien d’étonnant de la part d’un fabricant de substituts nicotiniques », déclarait dans un élan de transparence improbable Vincent Cotard, alors président de GSK Santé Grand Public.
• « Cela n’a rien d’étonnant, certes, mais reste en revanche très problématique. Au-delà du conflit d’intérêt qui consiste, pour des parlementaires censés représenter l’intérêt général, à voyager au frais d’un laboratoire qui attend un retour sur investissement, une question de fond se pose …
« De la même manière, toutes les décisions de santé publique sont délicates, et ne doivent pas répondre à la rapacité d’une industrie plutôt qu’à la volonté de l’exécutif et du législateur d’œuvrer au bien-être de leurs administrés. Un principe démocratique inaliénable dont ferait bien de se rappeler Marisol Touraine, dont le combat acharné contre la cigarette la mène à prendre des décisions tellement inexplicables que certains se demandent si elles ne sont pas motivées par des intérêts privés. Une grille de lecture souvent probante.
• « Le laboratoire pharmaceutique GSK, dont elle fréquente les cadres dirigeants par le truchement du club Avenir de la Santé, serait sans doute ravi de voir aboutir les tentatives de la ministre contre les industriels du tabac (…) Mais aussi et surtout l’opposition inexplicable au développement de la cigarette électronique et autres produits sans combustion, dont l’ensemble de la communauté scientifique internationale s’accorde pourtant à dire qu’ils sont bien moins dangereux pour la santé que les cigarettes traditionnelles.
• Selon une récente étude, 6 millions d’européens auraient arrêter de fumer grâce à l’e-cigarette (voir Lmdt du 28 juin). « Et que fait la ministre, forte de ces chiffres ? », insiste Benoit, « elle continue d’appliquer à la cigarette électronique les mêmes restrictions qu’à la cigarette traditionnelle. Vous avez dit louche ? ».




