Il n’y a pas de mot d’ordre national, mais plusieurs chambres départementales de buralistes – dont trois de Champagne-Ardenne, selon L’Union du 16 septembre – envisagent une action contre la Française des Jeux à l’occasion de la sortie de la nouvelle formule de l’Euro Millions. Cause de la discorde : le partenariat avec le réseau de fleuristes Florajet (voir Lmdt des 13, 10 et 8 septembre).
• « La Française des Jeux perd régulièrement des points de vente notamment parce que les buralistes en perdent aussi, de l’ordre de 5 % par an. Je comprends que la FDJ cherche à se développer mais pas dans des zones concurrentielles (pour les buralistes, ndlr) » souligne Jacques Héry, président de la Chambre syndicale de l’Aisne.
• Patrick Falewee, président de la fédération Nord – qui regroupe également les départements de l’Aisne et des Ardennes – critique « les implantations exotiques » hors du réseau « référent » et historique des buralistes et des maisons de la presse, que ce soit dans des supermarchés, des stations-service, voire des pizzerias … « on voit même des demandes émanant de centres sportifs ! ».
• Certains cherchent à donner un « coup de semonce », comme l’annonce Alain Sauvage, à la tête de la Fédération Est. Mais, la chambre départementale de l’Aisne rappelle qu’il n’y a pas de mot d’ordre national de « boycott » et que leurs instances ne se placent pas dans cette perspective, du moins pour l’instant. « Notre président national Pascal Montredon est en pleine négociation avec le secrétaire d’Etat, Christian Eckert » note Patrick Falewee (voir Lmdt des 9 et 5 septembre).
• Ce problème de concurrence ne fait en réalité qu’accroître un malaise déjà bien installé chez les buralistes qui ont d’autres points de friction avec la FDJ. Comme « le flicage » et les « méthodes » l’opérateur. « La FDJ envoie ses inspecteurs de façon anonyme pour s’assurer que nous ne vendons pas de jeux aux mineurs. Ce qui n’est pas facile à vérifier surtout s’il y a du monde devant la caisse. Les magasins sont aussi jugés sur leur présentation. Nous sommes menacés de pénalités qui peuvent aller jusqu’à la perte de l’agrément. Mais, aucun contrôle n’est effectué sur les jeux en ligne avec lesquels les mineurs peuvent affirmer qu’ils sont majeurs. Il y a bien deux poids deux mesures » dénoncent les élus syndicaux des buralistes.




