La députée de l’Aisne, Marie-Françoise Bechtel (apparentée PS, chevènementiste et ancienne directrice de l’Ena) a créé un « mini buzz » chez les professionnels de la santé, ce lundi 8 décembre, après son intervention au cours du « Magazine de la Santé » de France 5. Invitée pour parler du « burn out » comme maladie professionnelle, elle a été appelée à donner son avis « sur le rétropédalage du gouvernement sur les hausses de prix ». Et Michel Cymes et Marina Carrère d’Encausse n’ont pas été déçus …
« Je vais vous dire quelque chose de très politiquement incorrect. Personnellement, j’ai toujours eu certains doutes quand j’entends qu’une vraie politique publique, – la politique anti-tabagique bien entendue, dont nul ne conteste l’opportunité – s’appuie parfois sur un certain nombre de données qui ne me semblent pas faciles … à avérer, si vous me passez l’expression ».
Les journalistes interloqués : « vous parlez de l’efficacité des prix sur la baisse de la consommation ? »
Marie-Françoise Bechtel : « non, mais la causalité entre la mortalité et le tabac, personnellement, m’a toujours laissée un petit peu sceptique, je vous le dit franchement ».
« Et le cancer du poumon provoqué par le tabagisme ? » demandent, surpris, les journalistes : « … j’entends bien. Mais, beaucoup de choses interviennent dans la mortalité, enfin dans la mort, ou dans le décès de quelqu’un. Alors on vient de privilégier le tabac … Il y a aussi dans la société beaucoup de choses qui sont causes de beaucoup de choses. »
« Il y a quand même dans le tabac un « effet évasion » et j’entendais l’autre jour – je crois que c’était le directeur de l’Inserm – qui disait : mais, la vie est angoissante, il est normal qu’il y ait un comportement de fuite. Ce qu’il ne faut pas, c’est qu’un comportement de fuite devienne un immense problème de santé publique, j’en conviens. Mais qu’on ait une attitude un peu… caporalisante … vis-à-vis de cette question ? »
A la présentatrice qui lui fait observer que l’on n’interdit pas l’usage du tabac mais que l’on essaie d’éviter que les jeunes commencent à fumer : « Il y a une mentalité d’ensemble… », répond la députée. Et sur l’argument de la sensibilisation des jeunes, elle conclut : « … et malheureusement c’est un échec, il faut se demander pourquoi ».




