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31 Juil 2016 | Profession
 

Belgique Achats frontaliers… On a des surprises. Car ce n’est plus le discours dominant, convenu et officiel que l’on entend.

Dans le sillage de la campagne médiatique sur la nécessité d’une forte augmentation du prix du tabac, particulièrement du tabac à rouler, lancée à partir d’une énième demande de Michèle Delaunay (voir Lmdt des 27, 28 et 30 juillet), il n’est donc pas inintéressant de revenir sur une émission de Sud Radio, diffusée en direct en fin de matinée de ce jeudi 28 juillet.

•• Le genre, très « talk show » comme on nous le sert de nos jours. L’animateur – Philippe David, « seul contre tous » – lance une proposition forte et laisse réagir en répliquant, au fil d’une heure d’échanges forcément heurtés, aux invités de circonstances et autres auditeurs-contradicteurs.

Et Philippe David d’enfourcher, ce jour-là, le thème de tabac en assénant : « Il faut aller plus loin que la proposition Delaunay ! Trop de morts c’est trop de morts ! Je veux que le tabac soit beaucoup plus cher que ce que demandent les députés ! ».

•• Les réactions d’auditeurs ne se sont pas fait attendre. Des fumeurs adultes et responsables, pour la plupart. Et qui se sont faits témoins d’une vague montante de mécontentements. Sur le mode : marre de la stigmatisation, marre de payer si cher, marre d’être des vaches-à-lait, marre d’être obligés d’aller en Espagne, etc. Une volée de bois vert.

Un sondage-express auprès des auditeurs permet de faire ressortir, en début d’émission, que 52 % des auditeurs sont contre la proposition-choc de Philippe David. Au moment de rendre l’antenne, cela se confirme. Nous sommes passés à 55 %.

Tabaculteurs•• Parmi les grands témoins invités, Jérome Duffieux (président de Traditab – tabac « 1637 » – et de l’AFTF, Association Française des Fournisseurs de Tabac à Fumer / voir Lmdt du 6 juin 2016 et du 16 mars 2015) qui a le grand mérite de répondre point par point aux arguments de Michèle Delaunay :

« On nous dit qu’en France le tabac à rouler n’est pas assez cher ? Je ne comprends pas car si je compare avec les prix moyen d’un paquet standard de 40 grammes, nous en sommes à 9,90 euros en France contre 6,20 euros en Espagne, 5,40 euros en Allemagne, 4 euros en Belgique et 3 euros au Luxembourg. Nous avons déjà le tabac à rouler avec le prix le plus élevé. À elles seules, les régions espagnoles frontalières de la France écoulent vers notre pays 600 tonnes de tabac à rouler. 10 % de la consommation française ».

Et Jérôme Duffieux de rappeler qu’il y eut un temps, pas si lointain, où les tabaculteurs français produisaient 50 000 tonnes de tabac d’excellente qualité. Contre 9 000 tonnes aujourd’hui. Le travail d’un millier de tabaculteurs et les emplois de 1 500 personnes étant en jeu.

•• De son côté, Laurent Mazal (vice-président de la Confédération et président de la fédération des buralistes Auvergne-Forez / voir Lmdt des 2 juin et 10 mai 2016) a eu beau jeu de dénoncer une politique fiscale déséquilibrée qui a déjà fait passer, depuis 2003, le marché parallèle du tabac (tout ce qui n’est pas acheté chez les buralistes) de 3 % à 27% de la consommation.

Tout en s’étonnant que personne ne remarque une baisse du marché officiel de 2 %, en volume, depuis le début de l’année (voir Lmdt du 9 juillet 2016).

Et de rappeler l’urgence d’ouvrir de vraies négociations sur le Contrat d’Avenir des buralistes.