2015, « bon cru » pour ceux qui sont persuadés que la lutte contre le tabagisme passe prioritairement par le démantèlement d’une filière officielle du tabac et de ses diverses composantes : planteurs ; fabricants ; buralistes.
2015, « année cata » pour ceux qui estiment que la lutte contre le tabagisme passe par une harmonisation des mesures au niveau européen, une non-stigmatisation des fumeurs et ne peut faire l’économie d’une filière tabac organisée et réglementée.
Si elles ne sont pas invalidées par le Conseil constitutionnel (voir Lmdt du 21 décembre) – et au-delà de recours qui n’auront effet qu’à moyen et long termes – c’est un package de dures et unilatérales mesures anti-tabac (voir Lmdt du 27 novembre) qui, après avoir été sèchement battues au Sénat (voir Lmdt du 17 novembre), ont été adoptées au forcing à l’Assemblée nationale. Le paquet neutre, à deux voix près (voir Lmdt du 26 novembre).
Pourtant, il y aura eu, quand même, débat parlementaire. Et ceci grâce à la montée en puissance de la mobilisation des buralistes qui auront multiplié manifestations et actions symboliques au cours de l’année.
On y distinguera quatre temps forts : devant l’Assemblée nationale avec des délégations de collègues européens (voir Lmdt du 31 mars) ; devant le Sénat, en présence de sénateurs et pas des moindres (voir Lmdt du 22 juillet) ; dans près de 80 villes partout en France (voir Lmdt du 8 septembre) et lors d’un grand multiplex entre 5 métropoles (voir Lmdt du 3 novembre).
Un travail de sensibilisation qui aura quand même créé la zizanie au sein du groupe socialiste comme en a témoigné la courageuse position du député du Doubs Frédéric Barbier, auteur d’un rapport sur l’avenir du réseau des buralistes (voir Lmdt des 7 septembre).
Mais il semble bien que la décision avait été prise, plus haut, plus tôt – comme l’a certifié L’Obs dans un article (voir Lmdt du 3 décembre) – par un exécutif qui aura soutenu jusqu’au bout la ministre et donc pris la responsabilité des conséquences de cette politique disproportionnée.




