Inscrit dans la Constitution depuis 2005, le principe de précaution est fortement remis en question ces temps-ci. Une proposition de loi déposée en juillet 2013 par Eric Woerth demandant le retrait du texte ; un livre (« Ils ont perdu la raison » de Jean de Kervasdoué) ; une tribune de Cécile Philippe, directrice de l’institut économique Molinari dans Le Figaro de ce lundi : tous accusent le principe de précaution « d’entrave à l’innovation technologique ».
Le principe de précaution est « devenu une notion « passe-partout » qui permet d’interdire n’importe quel produit ou technologie, même quand il existe un quasi-consensus quant à son innocuité » avance Cécile Philippe. Qui cite, parmi ses exemples, la cigarette électronique : « cette année, on a aussi envisagé d’appliquer le principe de précaution à la cigarette électronique. Nombre d’experts reconnaissent pourtant que, sans être parfaite, cette innovation est particulièrement intéressante pour la santé des fumeurs ».
Pour la directrice de l’institut, pas de doute : « les effets pervers du principe de précaution ne doivent plus être ignorés. Il est opportun de désacraliser ce principe et de le déconstitutionnaliser pour rendre au principe de responsabilisation individuelle toute sa puissance et son efficacité. L’innovation scientifique ne peut prétendre à la perfection. Notre souci est de savoir si l’innovation engendre une situation moins problématique que celle qui l’a précédée ».
Oui, mais … comme l’a fait remarquer, l’eurodéputée et avocate Corinne Lepage, en débat avec Jean de Kervasdoué sur France Inter : « la course à l’innovation technologique pousse, aujourd’hui, chercheurs et entreprises à investir plus dans la promotion de leurs innovations technologiques que dans des essais cliniques ».
En fait, on pourrait ajouter que tout dépend des industries et des moyens dont elles disposent.




