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14 Juin 2015 | Observatoire
 

Tabac - CancerSelon le dernier rapport sur les estimations de l’incidence départementale des cancers en France métropolitaine, publié ce mercredi 10 juin, la répartition géographique de ces pathologies  reflèterait les habitudes de consommation de tabac et d’alcool des Français (de façon apparemment plus significative chez les hommes). 

Ce travail – signé Institut national du Cancer (Inca) et Institut de Veille sanitaire (Invs) – porte sur la période 2008-2010 ; en analysant huit cancers chez l’homme et autant chez la femme, pour lesquels les estimations départementales ont été possibles, concernant le rôle du tabac et de l’alcool. Mais l’étude est complexe, exprimée dans un langage plutôt compliqué pour le non-spécialiste et ne propose pas de vraie cartographie comparative entre consommations (alcool et tabac) et type de cancer répertorié.

Il en ressort néanmoins de grandes tendances. L’incidence des cancers des « lèvres-bouche-pharynx », du larynx (seul) et du poumon est plus élevée chez les hommes dans les départements du Nord (Pas-de-Calais, Nord et Seine-Maritime) qu’ailleurs en métropole. C’est dans l’Ouest et le Sud de la France que ces maladies frappent relativement moins.

Chez les femmes, la situation serait plus difficile à interpréter. Pour le cancer du poumon, il y a relativement plus de cas dans le sud de la France, notamment dans les départements urbanisés (Alpes-Maritimes, Hérault, Haute-Garonne et dans une moindre mesure, le Var) ainsi qu’en Ile-de-France. Pour les cancers des lèvres-bouche-pharynx, l’incidence chez les femmes étant faible, seul un petit nombre de départements présente une tendance significative, comme le Finistère et le Pas-de-Calais.

« Ces observations pourraient être induites par une géographie du tabagisme différente selon le sexe, ce qui semblerait moins vrai pour la consommation d’alcool » estiment prudemment les auteurs de cette étude.

À leurs yeux, ce travail – inscrit dans le Plan cancer 2014-2019 – serait la première démarche structurée conduisant à des approches territorialisées devant permettre aux acteurs de santé publique d’ajuster plus efficacement les politiques de santé aux besoins de la population telle qu’elle se repartit et se différencie. Ce qui serait probablement une bonne chose.