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12 Juin 2015 | Pression normative
 

images« Le lobby viticole rit, les professionnels de santé pleurent » … L’AFP réunit sous ce titre les diverses réactions à l’assouplissement de la publicité pour l’alcool, votée dans la nuit de mercredi à jeudi à l’Assemblée nationale (voir Lmdt du 11 juin 1 et 2).

« En distinguant la publicité de l’information, les parlementaires reviennent à l’esprit initial de la loi Evin: encadrer la publicité mais ne pas interdire toute forme de communication sur le vin », a déclaré Joël Forgeau, président de Vin & Société qui regroupe l’ensemble des interprofessions du vin, dans un communiqué. Vin & Société donne pour exemple « la jurisprudence développée depuis 25 ans (qui) avait entraîné une confusion entre information et publicité comme en témoignent  les condamnations de journaux dont les articles de presse avaient été requalifiés en publicité ».

Selon le groupement, le ministre de l’économie Emmanuel Macron a fait état en commission de « 70 contentieux menés » en 25 ans, dont « moins de 10 recours » concernant le vin, concluant que « les dispositions de la loi Evin (étaient) en réalité peu utilisées ».

L’AFP rappelle les déclarations de la ministre de la Santé regrettant que « la loi Macron serve à détricoter la loi Evin », soulignant que ce texte – emblématique de la politique de santé publique en France – permettait « depuis 30 ans d’encadrer, et non pas d’interdire, la publicité pour l’alcool » (voir Lmdt du 8 juin).

« Je ne doute pas qu’il y aura des amendements de suppression. J’en déposerai moi-même un et le sujet sera de nouveau débattu dans l’hémicycle » lors de l’examen en nouvelle lecture du projet de loi Macron, a déjà prévenu le député socialiste Dominique Lefebvre, vice-président de la commission des Finances.

« Outrées » et « scandalisées » par une « disposition honteuse », une quinzaine d’associations pour la santé et la prévention de l’alcoolisme ont estimé dans un communiqué commun que « ce texte voté sous la dictée du lobby de l’alcool propose une définition de la publicité qui rendra de facto la loi Evin inapplicable et ouvrira sans limite un boulevard à l’incitation publicitaire en faveur de la consommation d’alcool ».

Fait inhabituel, l’Institut national contre le Cancer (Inca) est monté lui aussi au créneau pour « rappeler les enjeux majeurs de santé publique que sont les liens entre alcool et cancer et l’impact de la communication sur la consommation d’alcool ».