Intéressant. Cette nuit, en commission, les députés ont donc décidé de modifier la loi Evin en refusant de revenir sur un amendement du Sénat assouplissant l’encadrement de la publicité sur l’alcool (voir Lmdt des 8, 9 et 11 juin).
En fait, c’est l’ensemble du groupe viticulture de l’Assemblée nationale, présidé par la députée socialiste et viticultrice Catherine Quéré (Charente-Maritime), qui a appelé « en conscience et en responsabilité » à maintenir l’amendement voté au Sénat, au motif qu’« il garantit un cadre clair pour la survie de notre viticulture, pour le développement des projets oenotouristiques locaux », entre autres.
Le député PS de la Gironde Gilles Savary avait dénoncé une « surréaction du lobby hygiéniste » à l’amendement voté au Sénat. Cet amendement « ne remet nullement en cause, ni l’esprit, ni la lettre de la loi Evin, mais vise à éviter que, dans notre pays, dont la tradition viticole ancestrale s’est fortement imprimée dans la culture, et désormais dans notre économie et dans les rares succès de notre commerce extérieur, il devienne risqué pour un journaliste, un cinéaste ou un romancier d’évoquer nos produits vinicoles ou d’y faire référence », a-t-il justifié.
« Alors que des jugements récents invitent à l’autocensure, ce n’est pas faire offense à la loi Evin, ni à la lutte contre les ravages sanitaires de l’abus d’alcool que la représentation nationale prenne ses responsabilités et fasse son devoir élémentaire en précisant la loi sur ce point précis », avait jugé le député.
Comme l’ont fait remarquer certains médias ces derniers jours, ce n’est pas la première fois que la loi Evin est retoquée par petite touche quant à son volet « alcool » : autorisation des affiches de promotion, dès 1994 ; l’assouplissement, en 2005, sur les publicités comportant des références au terroir ; le feu vert, en 2009, de la publicité sur le web.




