Au lendemain de la présentation du bilan des saisies 2013 en Midi-Pyrénées (voir Lemondedutabac de ce 21 avril), le quotidien La Dépêche a publié un reportage sur une équipe de douaniers dont la vigilance est concentrée sur « la route des blondes » où transite l’essentiel du tabac de contrebande venant d’Andorre. Il y a, bien sûr, les axes routiers ou ferroviaires comme « le train jaune » reliant L’Hospitalet-Toulouse. Il y a aussi la voie postale, de plus en plus utilisée.
••• Ce jour-là, au cœur de la plateforme courrier de l’Ariège, où la douane dispose d’une salle, vingt-sept chariots à vérifier. Plusieurs douaniers font la chaîne pour un premier filtrage tandis que les colis passent de mains en mains avant de rejoindre, ou non, le tapis pour la radiographie. « En France, la règle est claire : il est interdit de faire voyager du tabac par la Poste et nous sommes d’autant plus vigilants, ici, qu’avec la proximité de l’Andorre, la contrebande par courrier augmente constamment » nous est-il rappelé.
Ils isolent finalement une douzaine de colis. Et c’est « bingo » pour… onze. Sous la boîte de blanquette envoyée en banlieue parisienne, il y a des blondes. Sous les caleçons longs et les jupons aussi. Et même entre les produits de coloration pour cheveux. Cigarettes, tabac à rouler, cigarillos … les deux douaniers font les comptes : trente-huit cartouches et paquets pour un total de 7,82 kilos, soit 2 131 euros de valeur tabac.
Suit le travail le plus fastidieux, l’établissement des lettres circulaires à envoyer aux destinataires des colis : « les marchandises découvertes dans le Colissimo n°X, contrôlé ce jour par mes services vous sont restituées. Une tablette de chocolat, une boîte de conserve ravioli, une boîte de cassoulet… à l’exception des 400 g de tabacs manufacturés qui sont saisis au titre de l’article 215 … ».
••• « Nous luttons contre un trafic de fourmis, ici, sur la route, dans le train ou même dans la montagne puisque ce matin encore, nous avons vu des traces fraîches de passeurs dans la neige » confient les équipes de surveillance, « ici, ce sont des millions qui sont en jeu tant pour le fisc que pour les buralistes ». « Et comme pour la drogue, le trafic s’est professionnalisé avec des « mules » car il y a beaucoup moins de risques au plan pénal, avec le tabac qu’avec le cannabis », constatent-t-ils. La preuve ? Cette Laguna saisie, dans le garage de la brigade d’Ax-les-Thermes, dont le réservoir a été modifié pour y dissimuler des dizaines de cartouches.
Repérer le véhicule suspect, c’est « tout le métier » des équipes de contrôle sur les axes routiers qui doivent mettre en place des dispositifs de plus en plus offensifs : motards, herses, maître-chien, des agents armés équipés de gilets pare-balles.
« De plus en plus de gens refusent de s’arrêter, pas forcément parce qu’ils ont fraudé, mais parce qu’ils sont en infraction, roulant sans permis, sans assurance ou alcoolisés. Ils supportent de moins en moins les contrôles, ont des attitudes agressives, car pour eux, il n’y a plus de frontières et ils ignorent que la mission de la douane est de contrôler les marchandises en circulation sur le territoire » explique encore un chef des services douaniers de la surveillance.




